Apprentie en herbe #8, éloge de la critique (mais pas trop non plus, calmez-vous)

Bonjour à tous, c’est dimanche ben en fait non, c’est lundi, et j’essaie de me tenir au challenge que je me suis fixé, pondre un article chaque dimanche (ben c’est sacrément chié loupé), dans n’importe quelle catégorie : Chronique de lecture, nouvelle, apprentie en herbe, notice de tondeuse… Je plaisante bien sûr, quoique… je garde sous le coude l’idée de rendre un mode d’emploi captivant, un défi tout à fait envisageable en cas de fort ennui majeur !

Alors, en cette période de « Comachinchose », j’ai envie de vous parler de solidarité. Parce qu’en fait, c’est bien la seule chose qu’on puisse faire en cette période très bizarre. Solidarité pour tous ceux qui bossent, ceux qui ont perdu leur boulot, ceux qui soignent, ceux qui sont malades, ceux qui sont perdus, ceux qui ont perdu un proche, ceux qui sont seuls, ceux qui sont mal accompagnés, ceux qui sont loin, ceux qui voudraient s’éloigner, ceux qui se coltinent leurs gosses, ceux qu’on empêche de voir les siens, tous ceux qui sont coincés, comme nous tous, dedans, mais aussi ceux qui sont dehors. Parce qu’on a beau dire, on vit pas les choses de la même manière, qu’on se trouve dans un appart aussi grand qu’une cage de lapin, ou qu’on ait un beau jardin avec des poulettes à nourrir. De mon côté, je sais que je peux m’estimer heureuse car même si j’ai juste un balcon et des résidents en face qui n’ont pas encore envie de jouer au bingo avec moi comme en Espagne, je suis au calme. Quoique… un compagnon à qui j’ai offert récemment un ukulélé n’est pas forcément des plus reposants. (La prochaine fois, faites-moi vraiment penser à offrir un cuiseur-vapeur comme tout couple de belle lurette). À part la probabilité démultipliée de croiser mon compagnon dans le salon, dans la cuisine, dans la salle de bains et même dans les chiottes, c’est kif kif pareil depuis novembre, depuis que j’ai décidé d’avoir 36 projets en même temps, comme ce fuck*** projet de recueil de nouvelles, un projet qui, soit dit en passant, est selon les statistiques, et mon agent littéraire imaginaire, la pire option pour débuter dans le milieu de l’édition. Oups ! Bref, dans ces périodes confuses, c’est notre temps qui se fait plus diffus. Et la solidarité, en écriture, c’est queuhwa ?

Alors, bien évidemment, on peut penser tout de suite à l’évidence, au fait d’apporter son soutien, d’encourager un pair, d’accompagner un auteur dans son processus de création (en l’aidant à chasser d’infâmes coquilles, en laissant un gentil message, EN LISANT LE BLOG (:) ), en le poussant quand l’auteur fait du surplace, en lui servant une magnifique tasse de thé) blabla. Mais je crois qu’en réalité, en écriture, la solidarité passe par la critique. Une fois passée cette étape du Oh my god, mais c’est euhmaziiiing ce que t’as écrit, t’es le futur Rambo de l’écriture ! (Rimbaud, que tu veux dire, je crois). Soit, une fois passé ce moment-là d’une saveur exquise pour l’auteur, qui ne peut que confirmer telle admiration envers son travail admirablement admirable, il est temps d’être un peu plus sévère. Tout texte peut être retravaillé. À des degrés divers, certes. Et ce n’est pas aider « l’écriveron » de ne pas pointer là où ça coince, là où c’est moins fluide, moins captivant, plus laborieux, en un mot, là où ça couille, comme on dit dans le milieu.

Mon Motus Operandi (pour me la péter en grec LOL, c’est du latin) ressemble en fait très fort à celui de l’auteure Judy Bloom, qui est connue pour son affection de la littérature de jeunesse (ou jeune adulte) et que j’ai découverte dans sa chouette masterclass (dont j’essaierais de parler un jour car c’est ma préférée pour l’instant). En gros, observer beaucoup, griffonner des idées éparses sur des carnets, avant de commencer à gratter, sans me retourner, sans jamais savoir avec exactitude où je vais. Puis je corrige, encore et toujours une fois que le premier jet est terminé.

Ce qui me fait penser à une remarque soulevée pendant le comité de lecture auquel je participe : attention, ne jamais oublier l’ego la susceptibilité de l’auteur ! Car il faut sortir des pincettes pour oser insinuer que son texte manque d’un ingrédient ou deux pour le rendre savoureux ! Et j’avoue que je n’y avais pas vraiment songé, parce que, en toute honnêteté, mis à part quand mon compagnon ose insinuer que mon texte manque d’un ingrédient ou deux pour être savoureux (LOL), j’ai toujours accepté le jeu des critiques et des remarques. Parce qu’elle sont bénéfiques ! Si bienveillantes, et – encore mieux constructives– ! Parce qu’on ne se rend pas compte parfois que le lecteur n’est pas dans notre tête (et heureusement le pauvre, c’est certainement le pire endroit où rester confiné!) et qu’un oeil extérieur, peut parfois pointer un détail sur lequel notre propre regard, pourtant rigoureux, a glissé.

D’où l’importance de la critique. Bien formulée, enrobée dans un joli papier, si vous préférez. Personnellement, j’aime bien qu’on aille droit au but, et qu’on s’épanche pas non plus. Alors attention, on n’est pas obligés de dire amen à tout, pour transformer tout le texte selon le bon vouloir d’un lecteur, on peut aussi dire merci t’es sympa mais ton avis réprobateur sur l’utilisation de cette virgule à la phrase numéro 5, tu peux te le ranger où je pense, au milieu des gommes et feutres usagés. C’est à nous de savoir faire le tri entre pertinence et impertinence, en bon auteur écolo. Sur les différentes plateformes que j’utilise, on s’arrête bien trop aux « j’aime/ j’aime pas », alors même si un j’adore c’est trop cool est toujours plus apprécié qu’un c’est nase – on est bien d’accord – eh bien, on n’est pas plus avancés ! Bref, soyons solidaires, critiquons-nous !

Trêve de blagounette, je dis ça parce qu’en ce moment, je me tape la réécriture de toutes mes nouvelles, en essayant de pas être tendre avec mes textes, pour parvenir à les étirer, les étoffer. Ce qui ne veut pas dire qu’il faut que je raconte n’importe quoi, et que je cite le nombre de petits pois dans la boîte de conserve qu’utilise mon personnage. Ou que j’invente l’arrivée d’une triportée de Martiens qui brouillent les pistes d’une enquête policière pour gagner quelques pages de plus pour arriver à un livre d’une taille potable, parfaite pour soutenir un pied de table bancale, quoi. Bref, à la fin, faudra que les textes essuient encore quelques critiques pour les perfectionner. D’ailleurs, je remercie d’avance ceux qui se sont proposés pour devenir bêta-lecteurs de mon recueil, et si certains sont intéressés (on sait jamais, l’ennui vous fait faire de ces choses parfois), n’hésitez pas à me le dire en commentaire ou par mail.

Beau dimanche lundi à vous, courage, on ne vit certainement pas cet instant de la même manière, mais peut-être que cette époque bizarroïde vous fait avancer dans vos projets personnels, créatifs, ou pas ! Ne rien faire aussi, c’est bien, en fait. Rester chez soi. Apprécier le silence, le calme, la volupté… et le partenaire qui s’est remis au ukulélé…

Et surtout, rester isolé, ne doit pas signifier seul. Peace, love, dans le coude.

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Apprentie en herbe

Apprentie en herbe #7, 2019, lorsque la gloire frappe à la porte (du voisin)

On est le premier janvier, et comme je n’ai pas abusé des substances qui font tourner les têtes et les serviettes sur la table — à comprendre, le champagne… ou son homologue abordable, le Prosecco — je suis à peu près apte à griffonner un nouvel Apprentie en herbe pour vous aider à mieux faire passer une gueule de bois, ou, comme on dit dans le jargon, une trombine de sylve. Le premier jour de l’année est toujours un moment-clé pour prendre de nouvelles résolutions, d’où sans doute le nombre incroyable de joggeurs que j’ai vus passer ce matin avec des T-shirts fluo où pendouille encore l’étiquette toute neuve. Pour moi, cette année aucune résolution, donc aucun risque, mais à l’aube de 2020, l’heure est au bilan côté écriture. Pour le reste, selon un médecin assurément assermenté, à part une tendance à vouloir mesurer 1m60, tout va bien, merci 🙂 !

Apprentie en herbe

Apprentie en herbe #6, Nano, c’est fini !

Précédemment dans l’épisode : je vous avais parlé du NaNoWrimo (si si, c’était même ou encore ici), un challenge d’écriture avec un concept simple. Un mois, de préférence pourri, (novembre donc), pour pondre 50000 mots ! Pour vous faire une idée, une nouvelle de ma catégorie Esprit-Livre, ça fait peu ou prou 900 mots, je vous laisse faire le calcul, ça fait pas mal donc. Intro avec peu ou prou, formule inusitée, checked !

Apprentie en herbe

Apprentie en herbe #5, ou inspiration, expiration

Bon, le mois d’octobre vient de se terminer et avec lui, mon devoir d’agenda ironique (Le meilleur tapissier )! Il est l’heure de m’attaquer à un autre challenge, parce que novembre est un mois que j’ai décidé de rayer de mon calendrier (j’espère que c’est l’anniversaire de personne), et que pour passer plus rapidement à décembre, mois de l’overdose de couleur rouge, de chocolats et de cadeaux, je vais tenter le Nanowrimo ! Alors, le Nano, quesako ? Eh ben, c’est le National Novel Writing Month ! Merci, ça aide vachement, Sabrina. Bon, ok. C’est un événement mondialo-planétaire qui réunit des milliers d‘écriveurs (et d’écrivains) autour d’un même challenge personnel : réussir à boucler en 30 jours pas moins de 50 000 mots ! Soit à peu près pour les matheux, 1600 mots par jour ou 3200 un jour sur deux, et ainsi de suite, faites les calculs, moi à part pour les recettes de gâteaux ratés, j’en fais plus trop. En bref, c’est peut-être plus facile d’instaurer une routine de tous les jours, que d’essayer de caler 8h d’écriture dans une journée de 24h quand on doit dormir, travailler et donner des croquettes au chat (optionnel). Vous l’aurez donc compris, c’est un hymne à l’écriture, au partage et à la rencontre ! Bientôt, elle va se transformer en scout celle-là. Pour vous inscrire et rentrer dans le cercle, c’est sur NanoWriMo. C’est en anglais, mais on peut aussi trouver la version française, et puis, sur le site, c’est simplement pour faire le bilan des mots, pour atteindre le projet donné au départ (je crois bien, c’est mon premier, je vous rappelle).

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Apprentie en herbe #4, ou le secret de l’écriture (ou d’un titre accrocheur)

Car il faut toujours tenir ses promesses, et que ce n’est pas trop conseillé de commencer une phrase par « car », je reviens sur le blog avec un nouveau texte pour la série « apprentie en herbe » ! Pour ceux qui me suivent sur les réseaux sociaux, enfin essentiellement sur Insta, car oui, je suis devenue « insteugreumeuse » par la force des choses, je vous avais prévenus qu’étant en pleine découverte du manuel d’écriture de Stephen King, je vous conconcterais un petit article entre deux publications du Zodiac pour vous partager mon ressenti à la suite de cette lecture, écriturement parlant. Oui, écriturement, ça n’existe pas, mais internet et les chaussons éclairants non plus à une certaine époque. Si vous ne me croyez pas, allez jeter un oeil ici (ici oui) et ne me demandez surtout pas ce que je faisais sur ce site ce matin, je n’ai toujours pas inventé la machine pour éviter de perdre du temps sur la toile (Cqfd sur le désespoir)

Apprentie en herbe

Apprentie en herbe #3, à la recherche du temps tout court

Avec le temps va tout s’en va, disait ce bon cher Léo ! Je veux bien, ça met du baume au coeur, mais comment qu’on fait quand justement le temps aussi se fait la malle !

Fort alambiquée comme introduction, me direz-vous ! Fort déshydratée de la cervelle, avancerez-vous ! Fortement raison, aurez-vous !

Aujourd’hui, alors que le soleil nous gratifie de ses plus beaux rayons, qu’il nous darde les cuisses jusqu’en terre picarde, j’entame mon après-midi dans notre espace bunkérisé, où tout est fermé, de la porte aux volets, aucun risque d’y voir, une seule mouche voler.

Apprentie en herbe

Apprentie en herbe #2, ou le début de la fin

Finir.

Finir son assiette, finir son plat, finir ce qu’on a commencé, finir de radoter, finir le mois, finir ses phrases, finir ses devoirs, finir ses conneries, finir son master, finir ses études, finir son travail, finir son film , finir sa série, finir sa journée.

Finir encore et toujours.

Je dois finir ma formation.

Mes nouvelles.

Un livre, celui que j’ai jamais écrit. Je me lasse, je rêvasse, je m’éparpillasse.

Je ne sais pourquoi, mais j’ai toujours 36 envies, 36 idées, 36 romans commencés. Enfin, 36, c’est un peu exagéré, disons qu’en divisant le chiffre par 6 moins 2, on est plus près de la réalité. Je sais, j’aurais pu faire Maths Spé. Oui, un roman, c’est pas juste un titre et trois phrases d’intro. Attention, nous disons « incipit » dans le milieu.

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Apprentie en herbe #1, où l’envie d’écrire voit le jour

Une formation d’écriture ?

Ben tu veux devenir écrivain ? Mais tu vas écrire quoi ? Tes voyages ? Ton végétarisme saugrenu ? Un ROMAN ? Genre un ROMAN ? Avec un titre, des chapitres, des personnages et une histoire ?

Toi, qui as grandi dans un village que personne situe sur la carte de France, tu te prends pour un auteur, une auteure, une autrice, on s’en fout, c’est pareil ?

Mais t’es au courant que c’est difficile d’en vivre ? T’es au courant qu’il y a plein d’écrivains qui seront jamais reconnus et qui écriront toute leur vie seulement pour leur tante ou leur chat ? Et ça flattera leur ego parce que l’un peut pas parler, et l’autre critiquer ?

Tu sais qu’il faut jouer des pieds et des mains dans ce milieu, si t’es pas tombée dans la marmite depuis que t’es tout petite, et que t’es pas un génie ? Enfin, Rimbaud à 15 ans, il avait déjà reçu des prix littéraires pour ses vers ! En latin !

Apprentie en herbe