Bonjour, c’est lundi, j’ai un jour de retard, je sais, je ne vous oublie pas. Me revoici avec un article un peu particulier pour 2 raisons. En ce moment, je suis sacrément un peu la tête dans le guidon (pourtant je n’ai toujours pas de vélo) avec mon recueil (dont j’approche de la fin yihaaaa) donc je n’ai pas vraiment le temps de me consacrer à l’écriture de nouvelles historiettes. Et comme hier j’ai passé la journée à table – un long dimanche de victuailles terminé par une belle dose de liqueur – et qu’il paraît que les plus grands auteurs ont écrit des merveilles sous absinthe, sous opium ou sous colle UHU, je me suis donné un petit défi, celui de réaliser un exercice du livre Écrire de Faly Stachak sous chartreuse et génépi (que des plantes 🙂 ! ). La consigne : visualiser un grenier et décrire ce que l’on y trouve, le tout au fil de la plume en 20 minutes. Je dois avouer que je suis pas trop carrée j’ai tellement aimé l’activité que j’ai dépassé de 3 minutes car je n’arrivais pas à poser le stylo malgré les remontrances de mon compagnon-chronomètre (mon réel compagnon, pas un personnage tout droit sorti de la Belle et la Bête). Voilà ce qui en ressort donc, en version un peu brute surtout qu’au moment de mettre le point final, tout mon texte s’est effacé sur WP !!!! Put** de bord*** de mer***! Je suis bien sûr restée Zen, Yin, Yang et tofu et ai tout recopié, à nouveau, sans grosse réécriture. Bref, n’hésitez pas à me partager votre avis en commentaire, ou qui sait, votre propre texte, si la tâche vous inspire… (Merci à ceux qui ont osé poster déjà leurs textes ! Découvrez-les en commentaire).

Dans le grenier, il doit y avoir un sacré foutoir. Déjà, faut y accéder, au grenier. Faut avoir le cœur bien accroché et les mettre au grenier justement, nos peurs et notre vertige, avant d’y monter. Il n’y a pas d’escalier, juste une trappe, comme au théâtre, mais dans l’autre sens. Peut-être qu’il se trame des drames tout là-haut… peut-être qu’en bas, c’est nous qui attendons… quoi donc ? La vie, la scène, ce moment-clé dans la pièce où l’on surgit des tréfonds et l’on s’élance dans le cirque de la vie. En attendant, on reste en bas, monter en fait, ça veut dire descendre. Descendre dans les méandres de nos vies. Descendre dans les cartons, les souvenirs, remonter dans le temps, retourner dans un film d’antan.
Faut une échelle, une échelle solide, comme le cœur. On peut vite tomber en voulant grimper. D’abord un pied, puis l’autre. C’est déjà une aventure. Peut-être qu’on n’y trouvera pas grand-chose. Une vieille poussette, de vulgaires boîtes à chaussures. Un pas, puis l’autre, on est déjà presque au sommet, il nous faut allumer pour mieux percer notre passé. Il n’y a pas de fenêtre, pas de grand air, plein de poussière. Est-ce donc ça la vie ? Des tas sous la poussière ? De la poussière sur et sous le tapis ? Et des araignées immenses qui se cachent jusqu’aux moindres recoins de notre grenier et de notre mémoire. Qui scrutent l’inquisiteur, qui surveillent le visiteur.

Je ne passe que la tête, le reste du corps n’est pas si imposant, mais n’est-ce pas déjà suffisant ? Ai-je bien envie de fourrer mon nez partout et de foutre ma main sur une de leurs huit pattes ? Qui sait si, dans toute cette humidité douillette, elles n’ont pas développé une nouvelle espèce à dix pattes ? Petite, j’ai toujours rêvé d’une chambre mansardée. Je m’installerais sur mon lit, la tête sous les étoiles, les livres sur l’étagère. Je ne descendrais que pour manger, et pour prendre des nouvelles de la société.

Mais notre grenier n’a rien de bohême, on n’y trouve que des tas de toiles non signées, au quadrillage parfaitement millimétré… des toiles d’araignées ! Et des vieilles boîtes à chaussures. De taille 28. Un jour, j’ai fait du 28. Et dans ces boîtes pour petits pieds, des photos. Des photos d’avant. D’avant nous, d’avant les Gremlins et les Goonies.

Les Gremlins ! Comme ils m’amusaient ! Comme ils me terrorisaient ! Je les imaginais à croupir dans le caniveau, à guetter dans la cave de mon pépé et ma mémé. Ma mamie, en vrai, je l’ai jamais appelée mémé, mais du haut de mes pieds taille 37, je marque une pause. Et si les Gremlins se logeaient là, au n°1, rue du Grenier ? Et s’ils prenaient une autre forme, celles de moments envolés ?

Et c’est quoi d’abord un grenier ? Un endroit où on entasse. Tout ce qu’on ne veut pas jeter. Mais qu’on garde. On ne sait jamais, ça peut toujours servir. Ça ne servira plus jamais. Alors, on empile, on amoncelle, on bazarde et les arrières-grands-mères se retrouvent sous une pile de vinyles, et comme les romans, se perdent dans l’oubli. Des pages collées, qu’on a aimées, senties, dévorées, qu’on ne lira plus. Tous ces objets. Enfermés à jamais dans le grenier. Avec les araignées, les Gremlins, les boîtes à chaussures, les vêtements pour bébé et les sourires sur les photos. Des sourires figés pour l’éternité. Comment s’appelait-il ce pépé ? Et celui derrière, qui s’en souvient ? Qui s’en souviendrait ? Y en aura-t-il d’autres ? D’autres livres, d’autres pas, d’autres pieds de taille 28, d’autres vestiges, d’autres viocs, d’autres vies ? Le grenier, le nid d’un foyer, le nid à poussière, là où tout commence, et tout finit.

Alors, vous en pensez quoi de mon inspiration à la chartreuse ? Les exercices de ce style vous plaisent ? Pour suivre mes actualités, c’est par ici qu’il faut s’abonner !

Crédit Photo : Ijen dans la brume par @Sabrina P.

15 commentaires

    1. Héhé, oui c’est un exercice très sympa, et il y en a pléthore dans le livre ! Oui, effectivement, ça donne du matériel pour une histoire, quand j’aurai plus de temps pour la travailler ! Hâte de découvrir ton texte alors mercredi ! Belle journée, Sabrina.

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      1. Tout à fait ! Il me tarde d’explorer d’autres exercices et j’espère pouvoir l’utiliser pour un week-end d’écriture entre amis… quand j’aurai retrouvé le temps 😉 !

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    1. Oh merci beaucoup ! J’avoue que j’ai hésité à le publier car ce n’est pas un texte « abouti » dans le sens où j’ai laissé couler la plume et que je n’ai fait que quelques légers changements. C’est assez brut, et je n’étais pas sûre de la réception sur le blog. Ceci dit, à l’écriture, je me suis amusée ! Où est ta version ? Belle journée à toi, Sabrina.

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  1. Ce bruit rare et pourtant si familier.
    Ce bruit rare et pourtant si familier de l’échelle du grenier.
    Cette échelle que l’on fait glisser en deux coups saccadés. Et ce grincement si excitant!
    Ce sentiment mal placé de vouloir y monter le premier, y déceler les trésors cachés.
    On aimait tant quand notre grand-père la tirait, l’échelle du grenier. Le bonheur assuré! Toutes ces anecdotes à dépoussiérer. Une aventure dans l’histoire du passé.
    On aimait tant quand notre père la descendait, cette échelle du grenier. Piqués par la curiosité. Une exploration dans une jeunesse oubliée.
    Puis un jour. Puis un jour, ce grincement tant aimé nous fait mal à en pleurer. Il faut y aller mais on ne veut plus s’y presser.

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    1. Mais Edwiiiiige ! Je suis trop contente de te voir ici ! Mais en plus, de lire ton texte. Très touchant, et fort bien écrit ! Je suis vraiment émue de lire ton texte ici, qui fait écho en moi, merci de l’avoir partagé. Si ce genre de petits défis littéraires te plaît, je peux songer à mettre une nouvelle catégorie sur le blog… pour que tout le monde puisse participer (il y 365 consignes !!). Bisous à toi, belle journée, Sabrina.

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      1. De rien Sabrina, merci pour tes gentils mots. Je n’ai pas du tout l’habitude de l’écriture mais j’ai voulu m’amuser un peu et essayer oui. Bien sur, un autre challenge pourquoi pas! Je suis sure que tu auras plusieurs lecteurs intéressés! Des bises!

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      2. Mais avec plaisir ! Heureuse que tu te sois lancée et amusée surtout !!! Une autre consigne ne devrait pas tarder à sortir… prépare-toi 😉

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  2. Nouvelle participation de Mijo, hésitez pas à lire, liker et filer sur son blog haut en couleurs !

    https://marie-josee-roy.esprit-livre.school/

    En ce dimanche pluvieux et orageux, les girls ( entendre les copines Estelle et Telle) et moi avions décidé d’explorer le grenier de ma tendre Mamita.
    —Ah non, je ne grimpe sur cette minuscule échelle gémit Estelle.
    —Bon je passe la première dit Telle ( toujours téméraire la demoiselle) et je te tends la main, pendant qu’Adèle sera derrière toi pour maintenir l’échelle stable.
    Après deux essais nous voilà toutes les trois à suffoquer parmi la poussière et de nombreuses toiles d’araignées.
    —Ouvrons les velux, il fait aussi noir ici que dans le conduit de la cheminée. Dit Estelle.
    Nous farfouillions de ci de là, Telle tentant de produire un son de chaque instrument de la fanfare militaire dont jouait Papili. Un clairon, un tambour, des cymbales et une sorte de bandonéon qui lui avait sans doute appartenu à son propre père.
    —Mais cesse donc ce vacarme ! Tu pourrais réveiller des âmes errantes squatteuses, cria Estelle.
    —N’importe quoi, dis-je ! Tu lis trop de nouvelles de ta collection « Chair de poule ».
    —Moque-toi, tu rigoleras jaune quand elles viendront bouleverser ta vie, me répondit-elle.
    Nous fûmes interrompues par des reniflements suspects de Telle.
    —Que t’arrive-t-il ? lui demandions nous en chœur.
    —Ta Mamita était l’amour de jeunesse de mon daddy.
    —De quoi parles-tu ?
    Après avoir délaissé les instruments elle avait ouvert une boite à chapeau fleurie, remplie de pétales de roses séchés, de nombreuses lettres et de calepins tous fermés par des rubans de couleurs. Elle me tendit un papier couleur ivoire, sur lequel une jolie écriture tracée à la plume commençait à s’estomper, comme les souvenirs qui se diluent avec le temps. Je lus cette lettre d’amour adressée à Marie-Cécile et signée JFR.B. Certes Mamita s’appelait bien Marie –Cécile.
    —Tu sais ce qu’on dit il n’y a pas qu’un seul âne qui s’appelle Martin, argumentais-je.
    —Ah ouais, mais tu en connais beaucoup des Jean-François Régis BONNARDEL, soit JFR.B, toi ? brailla Telle entre deux sanglots.
    —De toute façon il y a prescription, annonça Estelle qui tentait de calmer les esprits.
    Bien sûr Telle adorait ma Mamita, et rêvait d’en avoir une comme elle, car sa grand-mère —épouse de son daddy Jean-François Régis— Blanche était une vraie harpie. Elle était du genre mégère, autoritaire, coiffée les cheveux tirés en arrière et maintenus par un ridicule chignon, tant ils étaient fins. Elle avait toujours un tablier, et regardait par-dessus ses lunettes quand elle s’adressait à nous. Sa considération était moindre pour notre copine Telle qu’elle considérait comme une Cendrillon des cuisines, et n’avait que douceur et tendresse pour ses chippies de filles, de sottes laiderons, qui n’avaient de cesse que d’humilier notre Telle.
    Nous lûmes d’autres lettres, et découvrîmes que les parents de Mamita, s’étaient opposés à cet amour. Jean-François Régis était un officier allemand. En 1939, ces passions appelées « collaborations horizontales » étaient intolérables. La peine encourue outre d’être rasée du crâne pour la femme, le soldat allemand était envoyé en première ligne du Front, comme de la chair à canon. C’est ce qui était arrivé à l’amoureux de Mamita. Elle avait attendue plusieurs années le retour de son bel officier, refusant tous les prétendants, comme nous pouvions le lire dans ses calepins corsetés de rubans arc en ciel. Puis pressée par son père de trouver un époux et de le faire grand-père avant sa mort, Mamita avait cédé à Papili. Elle écrivait ces mots pour parler de lui :
    22 Avril 1947
    Mon tendre Jean-François Régis,
    Ton absence depuis ce départ précipité du 4 mars 1940 vrille encore mon cœur qui ne cesse de s’étrangler du chagrin causé. Je ne sais qui nous avait dénoncé à la Wehrmacht. Mes lettres reviennent toutes à Mathilde ma voisine sans même avoir été ouvertes. Mathilde est décédée, je n’ai plus personne pour passer mes courriers sans que mon père le sache. Mon tendre amour je ne cesserai jamais de penser à toi. Si tu as été tué j’ose espérer que cela a été rapide et sans souffrance. Mon père me presse d’épouser Yvon. C’est un soldat français qui était dans la fanfare militaire. Je ne l’aimerai jamais. Il est gentil, mais sa peau est grasse et épaisse. Son visage est bouffi. Ses parents de riches viticulteurs, possèdent des coteaux entiers de vignes de vins de Bordeaux. Sa famille est lui qui est maintenant fils unique —ses deux frères n’étant pas revenu des Ardennes— attendent un héritier. Je n’aime pas l’odeur ni le goût de ses baisers baveux. Maman m’assure que j’aurai une belle vie, sans souci financier, simplement à être une bonne épouse et une bonne mère. Mes rêves de devenir première couturière chez Christian DIOR ont avorté avant même que de commencer. Yvon ne veut pas que je travaille car il veut au moins six enfants. En plus il veut des garçons pour que perdure le nom des vignobles de sa famille. Mon amour comme je regrette ces préjugés stupides qui ont eu raison de notre union devenue interdit. Je m’en voudrai toujours de ne pas m’être opposée à mon père au risque d’être bannie. J’ai eu peur pour maman qui aurait essuyé la colère de mon père. A bientôt dans une autre vie mon chéri. MC.
    —Ma Mamita n’a donc pas fait un mariage d’amour ? Comment c’est possible ? M’écriai –je.
    —Tu comprends maintenant pourquoi tant de femmes écrivaines, artistes, médecins, astronautes et j’en passe ont milité pour la condition des femmes puis ont créé le mouvement féminisme. Lança Estelle.
    —Ouais monter au grenier, c’est plonger dans les souvenirs au risque de déterrer des secrets de famille, qu’il aurait mieux valu ne pas connaître. Soupira Telle.
    —Je propose qu’on se fasse des crêpes à la confiture de groseilles ou des gaufres à la chantilly maison, suggéra Estelle.
    —C’est parti, allons-y ! Répondis-je en entraînant Telle pour la descente.

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