L’os de Noël

Aussi, lorsqu’un soir où il sortait sa poubelle, en grommelant, parce qu’il avait failli oublier que le lendemain, c’était le jour de ramassage, et qu’il était déjà en chaussons et en pyjama, et qu’il avait dû enfiler son manteau parce qu’on se les gelait en ce 23 décembre, il ne remarqua pas tout de suite le bruit étouffé qui s’échappa du conteneur à déchets, tout occupé qu’il était à grogner contre le froid et ce système de poubelle qui vous commandait quand vous deviez déposer vos ordures. Alors qu’il prenait une respiration entre deux bougonnements pour soulever sa poubelle et la jeter à l’intérieur, il entendit des petits bruits qui semblaient provenir… du conteneur.  

“Qu’est-ce que c’est que ce bazar encore ?!” Continuer de lire L’os de Noël

Humanida

Sanzavi soupira devant la pile de dossiers qui semblait ne jamais désemplir. Un coup d’œil à sa montre indiquait qu’il devait encore à la communauté bien deux heures de loyaux services, plus communément appelés “travail”. Lui qui avait présidé les plus hauts conseils au ministère de l’Obédience des Ministres Emphatiques se trouvait relégué, après une affaire aussi louche qu’un humain atteint de strabisme, au sous-sol du ministère des Imbéciles Heureux, préposé aux Archives des Traditions en Transition Transitoire, qu’il lui incombait d’approuver ou non, armé de son tampon à l’encre rouge Continuer de lire Humanida

Le gardien des ombres (Agenda ironique novembre)

Bonsoir, voici mon dernier texte pour participer à l’agenda ironique de novembre et continuer d’écrire pour le Nanowrimo ! Pour une fois que je suis dans les temps, je vous le poste tout de suite ! Pour ce mois-ci, dans ce challenge hébergé chez Les carnets paresseux, il fallait parler d’ombre, y ajouter de l’ironie, quelques dates, se laisser porter et placer pourquoi pas cette … Continuer de lire Le gardien des ombres (Agenda ironique novembre)

Mauvais esprits 2

Laurie se mit à rire, essayant de masquer sa propre panique. Habituée à effrayer ses amies, elle remercia son costume de morte-vivante qui camouflait les violents battements de son cœur. Laurie sentit que son rire n’avait pas suffi à rassurer ses amies. Elle se leva d’un pas qu’elle voulait décidé et prit, en guise d’arme, la bouteille de Champomy qui se trouvait sur la table. C’était absurde, en plus elle était vide. Une bouteille sur le crâne, même sans alcool, ça devait faire mal à la tête, non ? se surprit à penser Laurie avant de jeter un dernier regard sur ses amies terrorisées. Continuer de lire Mauvais esprits 2

Bribes d’un chat de gouttière (Agenda ironique septembre)

Chat de gouttière, celles-ci n’avaient plus aucun secret pour moi, ni les égouts, ni les rats — O’siris, quand je repense à leur gros corps poilu qui fait couic quand on les croque… En ce temps-là, déjà adepte d’une certaine sobriété quelque peu forcée, j’avais pris pour habitude de fouiller les poubelles laissées par les habitants du quartier. Ne me jugez pas, la « cueillette » dans les détritus se portait parfois bien mieux que la chasse aux individus : les humains ont une curieuse façon de gaspiller ! Continuer de lire Bribes d’un chat de gouttière (Agenda ironique septembre)

Agenda ironique d’août 2022 (oups septembre)

Jeffrey Junior s’interrompit, eut l’air de vouloir reprendre sa respiration, observa la foule qui l’écoutait : une grand-mère et une adolescente aux yeux bien ronds qui le fixaient d’un air qui disait clairement « je ne partirai pas sans ma réponse ».
— Laisse tomber kiddo, tu comprendras quand tu seras plus grande.
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Le chant des coquecigrues (Agenda ironique mai 2022)

Igor Björgen avait toujours vécu dans sa ville natale.
Natalement, il venait d’une petite bourgade reculée du nord de l’Islande.

L’Islande, ce pays rêvé par les touristes en mal d’exotisme et en soif d’aventures.
Des aventures qu’ils acceptaient de vivre une semaine, voire, dans l’exception, tout un mois.
Moi, ça fait rire, pensait Igor.
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Ras le sol !

— Non mais oh dites donc, pour qui vous prenez-vous pour vous parquer ainsi sur mon territoire ? s’insurge Dame Moquette.
— Comment ça, sur votre territoire ? s’exclame Père Parquet.
— Exactement ! Mon territoire ! De l’évier de la cuisine au bidet de la baignoire !
— Votre cher propriétaire ne vous a rien dit ? La moquette, c’est has been depuis belle lurette !

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Rencontre de troisième génération

Deux molosses atterrirent aussitôt devant lui, un air pas vraiment « toutou friendly ». Ransen Pulin frémit. Se pourrait-il qu’il vécût-là ses dernières heures ? Comment les colosses avaient-ils pu se poser ainsi devant lui comme deux campanules ? Ca le rendait incrédule. Il regarda la canne qu’il tenait à la main. Et si, sur le pommeau, avait été représentée une tête de chat ? Continuer de lire Rencontre de troisième génération

Les trois corbeaux

Il leur fallut alors un bouc émissaire, et les boucs ne faisant guère légion dans la région, le choix s’était porté sur les corbeaux… Voyons, ces êtres noirs ne pouvaient abriter dans leur esprit que des desseins aussi sombres que leur pelage… Et puis, ils n’étaient jamais loin, comme prêts à se vautrer sur les cadavres, tels de véritables vautours… Continuer de lire Les trois corbeaux