Wild Wild World

Bonjour à tous, c’est dimanche, jour du confinement ! Comme le coronavirus ne s’attaque pas encore à la créativité, j’en profite pour vous offrir un texte qui ne rentre dans aucune case, ni celle du Zodiac, ni celle de l’Agenda Ironique, ni du Bric à Book. Je n’en dis pas plus pour ne rien vous dévoiler, et j’attends vos commentaires en fin de lecture. De mon côté, préparation d’un nouvel Apprentie en herbe, et travail sur mon recueil en parallèle. Si vous ne savez pas quoi faire, et que vous avez maté tout Netflix, parcourez les diverses catégories, la nouvelle (La Bibli roulante) avec mes lectures et je suis en train de réfléchir à une autre dans le futur, dont je vous parlerai en temps voulu ! Beau dimanche à vous, Sabrina.

Le fourre-tout littéraire

La ferme ! Aux crocodiles.

Bonjour à tous, un petit moment depuis ma dernière publication, mais beaucoup de projets de mon côté qui s’amoncellent, et parfois, il faut se concentrer pour éviter de s’éparpiller. Aller à l’essentiel quoi. Grâce à cette méthode, j’ai pu écrire deux textes, un pour le Zodiac Challenge (que je ne partagerai pas ici, exceptionnellement) et celui-ci, tout droit inspiré par… Je vous laisse deviner. Attention, lecture engagée, parce qu’écrire, c’est aussi décrire, et décrier… Belle soirée à vous, Sabrina. N’hésitez pas à partager vos ressentis (je ne mords toujours pas, malgré ce récit fictionnel), ou à faire tourner chez des amis lecteurs :).

8h05. Breaking news ! Un terrible accident s’est produit dans une ferme aux crocodiles en Australie où un alligator de trois mètres de long aurait sauvagement attaqué le gardien de la ferme. Nous sommes les premiers sur cette nouvelle, les images ne nous sont pas encore parvenues, mais on peut déjà imaginer la cruauté d’une telle vidéo, tenez vos enfants éloignés des postes de télévision. On me prévient dans l’oreillette que l’alligator aurait été neutralisé…

Le fourre-tout littéraire

Mary Christmas

Bonsoir à tous, j’espère que vous avez passé de magnifiques fêtes de Noël, entourés des vôtres et de ceux qui vous sont le plus cher, à votre coeur, et non à votre porte-monnaie 😉 ! Je reviens vers vous avec une chouette nouvelle, celle de voir une de mes histoires courtes du Zodiac en lice pour le prix du Grand Court sur Short Edition! Vous pouvez la retrouver, la lire et voter sur ce lien Au bout de l’arc-en-ciel. Mais pour l’heure, voici une de mes dernières histoires créées autour de la thématique de Noël, que j’avais envie de vous partager, pour ne pas oublier que frénésie rime avec hérésie… Bonne lecture à vous, et merci d’avance pour vos retours. Je vous concocte très vite un Apprentie en Herbe, et pour ceux qui veulent plus de lecture entre deux chocolats, les publications autour du voyage et d’une carte au trésor sont ici, chez Carnets Paresseux.

Le fourre-tout littéraire

Rouge

A trois jours du gong, je produis le texte de septembre pour le Zodiac Challenge ! J’ai dû avancer et (légèrement tarter) la cadence pour rattraper les 7 mois de retard, mais j’y suis arrivée ! Maintenant, je vais pouvoir passer plus de temps à l’écriture chaque mois car je serai dans le même wagon que mes compagnons de challenge ! Fiou, comme quoi, faut jamais se laisser abattre ! Je reviens avec un texte concocté entre deux cours où il fallait choisir entre : avant internet / parler tout seul / calme/ rouge. Bon, encore une fois, je suis sympa, tout est dans le titre, du moins le choix, car pour le reste, va falloir lire les cocos ! Bonne lecture à vous, je vous retrouve en commentaire. N’oubliez pas d’aller fouiner sur Agenda ironique de septembre 2019, textes et votes pour découvrir tous les textes ainsi que ma participation à l’agenda ironique (parce que je suis un peu dingo et que j’aime faire plein de défis en même temps) et sur tous les textes du Zodiac pour lire les règles et vous lancer comme ici Atlantides

Le fourre-tout littéraire

Dunes d’émotion (Agenda ironique de septembre)

Ah la Bretagne, ses galettes, son sel, son cidre, ses criques, ses falaises, sa pluie ! Nous croyions y échapper, on peut dire qu’on prend une sacrée saucée depuis hier soir ! Mais l’un des avantages non négligeables quand on a pas investi dans un méga ciré, c’est que ça invite forcément à gratter du papier ! Alors, me voilà à 2jours du délai, à proposer ma toute première participation à l’agenda ironique du mois de septembre proposé ce mois-ci par Chachashire. Le principe est simple et sympathique : chaque mois, un blog est désigné pour proposer un exercice d’écriture avec certaines contraintes (qu’on applique ou pas) pour libérer la créativité ! Après, y’a des votes apparemment, mais j’avoue que je ne suis pas bien sûre du quoi qu’on vote, vu que c’est mon premier texte que je jette dans la fosse ! Alors, pour cette consigne, y’avait pas mal de choses, une révélation dans l’actu dont les conséquences sont inévitables au moment de leur révélation, y’avait une histoire de guéridon et de tabou imposés avec des antonymes en mot-valise rimant avec triomphe, y’avait de la joyeuseté et de la sensualité demandés… Tout est plus clair ici : Agenda ironique de septembre 2019, sujet Je ne sais pas si j’ai réussi l’exercice, mais j’ai fait de mon mieux, bonne lecture à vous, n’hésitez pas à partager votre avis sur la chose, et à visiter ces sites pour découvrir de forts jolies plumes, ou pour y frotter la vôtre ! Voici le lien avec toutes les contributions, « viendez » les parcourir et voter pour vos préférés, ça « trucule » pour de vrai ! Agenda ironique de septembre 2019, textes et votes

Le fourre-tout littéraire

C’est peut-être du vent

Bonjour à tous, le Zodiac est de retour à nouveau, avec un texte que je propose aujourd’hui à vos yeux experts. Pour tous ceux qui vivent dans un grotte, ou du moins, qui ne parcourent jamais ces lignes, l’explication du Zodiaque, c’est là : Zodiac Challenge et si vous voulez un exemple de ce que ça peut donner c’est ici : L’année prochaine Filou. Les thèmes du mois de mai étaient : le vent, le miroir, derrière la porte, le retour. Encore une fois, le titre est d’une grande aide pour déterminer le mot que j’ai choisi d’utiliser ! Bon, peut-être ai-je un peu triché ce mois-ci, et je m’excuse d’avance pour la digression et le jeu de mots qui va suivre, mais vous m’en direz des… nouvelles ! Belle journée à vous, Sabrina.

Fukuoka. Ils sont assis en face l’un de l’autre, enveloppés par les vapeurs des Tonkotsu ramen qui émanent du restaurant où ils se sont donné rendez-vous. 

Le fourre-tout littéraire

Je marche seul

Dernier jour avant la fin du mois d’août, et je persévère dans mon espoir de rattraper le Zodiac Writing Challenge (toujours ici pour les intéressés Zodiac Challenge et tous mes textes pour ce challenge sont dans la catégorie Textes d’hiver sur le blog, sous une photo du zodiaque) ! Comme je l’ai dit dans mon dernier article d’apprentie en herbe, (Apprentie en herbe 4) il ne faut jamais cesser d’écrire ! Que ce soit sur un long projet, sur des consignes, dans des ateliers, dans des forums, pour des concours… Je vous laisse donc découvrir ma publication « Je marche seul », un titre qui évoque peut-être, à l’approche du mois de septembre, les doux souvenirs d’un été en goguette. Une fois n’est pas coutume, je ne dis rien sur ce texte avant que vous ne le terminiez et que vous deviniez le thème que j’ai choisi et les contraintes que je me suis imposées parce que quand on aime, on ne compte pas ! Bonne lecture à vous !

Le fourre-tout littéraire

Au bout de l’arc-en-ciel

Je continue sur ma lancée du Zodiac Writing Challenge et mon objectif de rattraper mon retard (mes deux précédents textes sont ici Une declaration et L’annee-prochaine-filou) avec cette proposition du mois de mars : -écrire à partir d’un tableau / par-delà les montagnes/ un étrange sourire / au bout de l’arc-en-ciel. Bien évidemment, nul besoin de revêtir les frusques de Sherlock Holmes pour deviner sur quelle thématique mon choix s’est naturellement porté. Changement de ton pour cette troisième proposition, parce que, pour ceux qui commencent à me connaître, j’aime aussi quand l’écriture invite (un peu) à la réflexion. Pas d’inquiétude, ça reste du format court, du presque 3000 signes comme dans la consigne, alors, n’ayez pas peur de découvrir ce qu’il y a, au bout de mon arc-en-ciel. Belle lecture à vous, et magnifique journée.

Le fourre-tout littéraire

Homo Erasmus

Bonjour à tous, me revoici avec une nouvelle participation à un concours de nouvelles en mai dernier, pour le joli mois de l’Europe, proposé par la région Nouvelle-Aquitaine ! La règle était simple, 400 mots pour écrire une petite histoire mettant à l’honneur notre belle Europe. Le sujet était tout trouvé pour moi, vous qui me connaissez et qui savez à quel point Erasmus a marqué un tournant, dans ma vie, et dans mon esprit. Rien que ça ! Je vous laisse donc découvrir ce très court écrit, qui, je m’en rends compte maintenant, a plutôt des allures de slam, que celles d’un texte abouti. C’était néanmoins un bel exercice pour moi et j’espère que vous aurez autant de plaisir à le lire, que moi, à replonger dans mes souvenirs.

PS : il va sans dire, que ce texte n’a pas été sélectionné, mais comme je suis en train de lire la biographie de Stephen King, et qu’il s’est fait refuser des paquets de textes, je me dis qu’il y a de l’espoir 🙂 ! Je vous en parle dans un très prochain numéro de ma section « Apprentie en herbe ». Belle journée à vous. Sabrina

Le fourre-tout littéraire

L’année prochaine Filou

Me voici en vacances ! Mais comme cela ne rime pas (toujours) avec paresse, je vous livre depuis un clavier QWERTY un texte sorti tout droit d’une après-midi sous le soleil de la Bretagne (si si, c’est possible) juste avant mon départ ! C’est le premier d’une longue série, précisément 12, car c’est un challenge qui propose de suivre une règle toute simple : 1 mois, 1 signe du zodiaque, 4 thèmes imposés, une nouvelle de 3000 signes ! Je commence légèrement en retard donc, avec ma nouvelle de janvier, pondue en juillet car une vie sans challenge serait ennuyeuse, n’est-ce pas ?

Le fourre-tout littéraire

13 heures pétantes

Bonjour à tous, je vous retrouve aujourd’hui à la veille des vacances avec un nouveau texte à vous présenter. Je l’ai écrit en mai dernier, et quand je le relis, j’ai l’impression que ce n’est pas vraiment moi, d’ailleurs j’ai toujours du mal à relire mes écrits après quelque temps, on remarque plus facilement les défauts, les failles et ce qui déraille…

C’était ma première participation à un concours, proposé par Aleph Ecriture, un organisme d’ateliers d’écriture (sans blague) dans le cadre du prix de l’Inventoire. Il fallait en 400 mots, parler de ville, et d’un événement qui la bouleverse. Même si je ne fais pas partie des lauréats, je suis ravie de pouvoir le partager aujourd’hui, afin de recueillir vos opinions sur ce texte produit dans un cadre auquel je ne m’étais jamais frottée. Il me tarde tout de même de découvrir les oeuvres gagnantes, et de renouveler l’expérience dans d’autres concours, car il paraît que c’est en forgeant qu’on devient forgeron 🙂 Merci d’avance pour vos lectures et belle journée à vous ! Sabrina, qui s’en va quelques jours au vert, avec ses amis, le sac en bandoulière et le coeur léger ! Pour ceux qui s’intéressent de près ou de loin à l’écriture, n’hésitez pas à checker le site de l’organisme qui propose des options sympas, que je garde en tête !

https://www.aleph-ecriture.fr/

Le fourre-tout littéraire

Coup de pouce du destin

          Assis au fond de sa roulotte, Mark se roulait une énième cigarette. La nuit commençait à poindre, sur le désert de Slab City, enveloppant ses habitants d’un peu de fraîcheur et de somnolence. Seules quelques cordes crissaient sous les doigts fripés des plus vieux des résidents. On entendait au loin les rires d’irréductibles fêtards et de fieffés alcooliques. Les jeunes s’adonnaient à une partie de cartes serrée sous les lampions. Ce soir, il restait tranquille. Il avait même refusé les avances peu déguisées de Georgina, légèrement éméchée qui faisait semblant d’ignorer que son nombril était à l’air, faisant briller des pierres bleutées à la lueur des lanternes. Georgina avait du caractère, et ne parlait pas beaucoup de son passé. Il ne connaissait presque rien d’elle, à part ses cheveux ondulés et son nombril percé. Fallait pas la lancer sur la poésie, c’était une mordue ! Elle avait dû aller à l’université, peut-être même Harvard, qui sait. Enfin, il l’aurait repérée. Il l’aurait vue sur leur site.

Nouvelles Esprit Livre

Numanité

Dans un temps pas si lointain.

Lance pressa le pas. Sa journée était enfin terminée. L’agente l’avait longuement fixé quand il avait pointé ses horaires devant l’holodateur. Il avait vite sorti son XPhone. L’agente avait incliné la tête, un air d’approbation sur son visage rigide. Déjà engloutie par son écran, elle ne prêtait plus grande attention au visiteur. La musique, en spirale entêtante, couvrait les bruits des va-et-vient des travailleurs qui se succédaient toutes les 4 heures pour réparer les écrans. Un autre agent, d’un geste automate, avait vérifié l’exactitude des données virtuelles qui flottaient au-dessus de Lance.

Il continuait de marcher, les yeux rivés sur son XPhone, comme tous les autres Numains autour de lui.

Nouvelles Esprit Livre

Le diable au doux regard

               A l’aube du XIXème siècle, le hameau du père Rameau ne dormait plus. Les volets étaient constamment tirés, les propriétaires, savamment planqués. On était au début du printemps, mais le couvre-feu avait chassé fleurs et habitants. Les villageois fuyaient les sentiers boisés et les parcs arborés. Les quelques courageux à sortir, le faisaient par nécessité, lorsqu’il fallait meubler les tables austères.

Les pavés vides, impavides, se languissaient des beaux jours où on les martelait joyeusement. Les murs des vieilles bâtisses se teintaient de tristesse, et les ruelles redoutaient l’absence de jeunesse. Les écoles étaient fermées jusqu’à nouvel ordre, et les femmes cloîtrées jusqu’à fin du désordre. Dans le village du père Rameau, un seul écho : celui des grilles qui claquent et des familles qui craquent. A l’intérieur, on implorait les cieux, on baignait de larmes nos yeux, on se mettait à être pieux.

Insatiables, intarissables, les rumeurs grondaient et grandissaient.

                 Au début, plusieurs femmes du village avaient été touchées. Mais, avec leur frêle composition, on avait accusé une grippe un peu gratinée. Puis les hommes, un à un, avaient succombé. D’abord, l’ancien Pierre. Oh, à son âge ! Ensuite, le rougeaud Georges. Avec ce qu’il se mettait dans le cornet ! Puis l’amiral Emile. Avec son train de vie !

Mais quand le robuste Sword, surnommé ainsi à cause de son regard tranchant comme une épée, sombra lui aussi, le village cria à la malédiction et ploya sous la prophétie. Car toutes ces morts improbables et impossibles suivaient le même schéma : une énorme fatigue, des difficultés à se mouvoir et la mort qui vous cueillait dans votre sommeil, quelques jours plus tard. Et tous, sans exception, affirmaient avoir vu, avant de disparaître, le diable en personne.

Vêtu de ses plus beaux atours, sous les traits d’une biche.

Menue, sablée, maléfique, elle vous plongeait dans les abîmes redoutables si vous croisiez ses doux yeux.

               Il ne se contait plus d’histoires. Ses heures étaient comptées. Il l’avait croisée. Elle l’avait toisé. Ce matin même, à l’orée du bois, alors qu’il se promenait avec Edmond, son chien. Il pensait que le dogue l’immuniserait contre elle, avec ses pas lourdauds qui feraient fuir le plus sourd des écureuils. Quel nigaud. Le sort, mauvais, en était jeté.

Rentré chez lui, il n’avait dit mot à sa femme. Nul besoin de l’effrayer. Il se précipita sur le placard sous l’escalier. Le cognac du grand-oncle. Voilà ce qu’il lui fallait. Il s’en servit un verre et le but d’un trait.

L’alcool, d’un âge incertain, lui enflamma le gosier et lui retourna les entrailles. Il toussa, se recroquevillant sur lui-même sous son effet foudroyant. De toute façon, il allait clapser. Cette foutue biche l’avait désigné, lui qui pensait pouvoir s’en tirer avec son idiot de chien. Pourquoi n’avait-elle pas filé à son approche ? Il se resservit une franche rasade, qu’il but avec la même avidité. Il s’étouffa presque sous la chaleur du breuvage. Il entendit sa femme s’affairer à l’étage. Comment allait-elle gagner sa vie si lui perdait la sienne dans les jours à venir ?

Il prit un troisième verre, étreint par l’émotion. Il reposa la bouteille qui cogna contre une pointe métallique. La carabine du grand-père. Il l’avait oubliée, tiens. A vrai dire, il ne chassait plus trop ces dernières années. Il avait remisé son fusil à la naissance du deuxième, avec ses rêves de trophée. Il tressaillit à l’idée qui venait de jaillir dans son esprit. Peut-être existait-il un moyen de contourner le destin, et d’arrêter cette infernale machine qui torpillait le hameau.

Exalté par cette idée et la liqueur de l’oncle, il sortit en trombe de sa demeure familiale et se jeta dans les rues désolées du village. Il passa devant les maisons des disparus et se jura de les venger. Non, foi de chasseur, la biche ne sèmerait plus la terreur : l’effrontée ne rôderait plus.

             Il savait où la trouver. Elle l’avait condamné, elle se montrerait forcément. Il pénétra dans le bois des Vieux-Amants où il avait fait sa maudite promenade, seul cette fois-ci. II était prêt à en découdre avec sa vie, et cet animal de malheur. Il marcha quelques pas non loin de là où il l’avait rencontrée, et se posta contre un arbre. L’alcool commençait à faire effet, il ne se sentait plus sûr de son coup. Des feuilles se froissèrent. Il se retourna, les doigts sur la carabine, prêt à charger.

Ébahi, il la contempla dans son viseur. Elle était à quelques mètres seulement. Elle n’était pas si fine, il le voyait bien à son ventre lourd, grossi par la portée. Sa beauté lui glaça le sang. Il hésita. Le coup partit. La biche détala, la balle ricocha sur une plaque de métal  et vint se loger directement dans son cœur.

Sous la douleur et le cognac, il s’effondra. Dans sa chute, il vit l’objet qui avait détourné sa trajectoire. Sur un panneau incrusté dans un tronc d’arbre, il crut y lire « personne n’empêche le destin de frapper, ni des cœurs, de s’aimer ».

Il eut une pensée émue pour sa femme, et pour le village, à jamais condamné aux affres de cette biche… et des petits à naître.

Trois semaines plus tard, le hameau du père Rameau reprenait des couleurs et de la vie. Un herboriste avait découvert les raisons de ces morts mystérieuses, logées dans les eaux mal famées d’un ancien système de tuyauterie reliant les plus vieilles bâtisses.

Pour célébrer la paix ainsi revenue, on organisa une magnifique fête dans les rues. L’on chantonnait et l’on dansait, jusqu’à une heure incongrue.

A 30 kilomètres des festivités, une vieille dame rapportait à sa petite-fille le récit de sa journée et son incroyable rencontre avec une adorable biche et ses trois faons.

— Encore, s’il te plaît !

— Il est tard maintenant, il faut que tu te reposes, mais si tu es sage, ma chérie, je t’emmènerai demain dans les bois, tu les verras toi aussi, c’est promis. Elle l’embrassa affectueusement sur le front.

La petite-fille s’endormit, des rêveries devant les yeux. Sa grand-mère, elle, n’ouvrit plus jamais les siens.

 

Consigne 13 : introduire l’univers fantastique, ou quand l’anormal rencontre le banal.

A vous d’en découdre, et de vous laisser… porter.

Entre dans la farandole, pour ne rien louper de l’actu du blog !

Crédits photo : Californie by Sabrina P.

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