La chute de sa Majesté (des mouches)

Brundle, le patriarche de la famille, un enculeur de mouches de père en fils – depuis 2002 -, avait ri avec bonhomie de la facétie, en donnant un coup de tapette sur l’épaule de sa femme qui elle, n’avait pas bougé d’une aile. Depuis qu’on lui avait dit qu’elle ne retrouverait plus son poids mouche, elle la faisait plutôt fine, la mouche. Le fils, lui, avait à peine hoché la tête ; peu habitué à changer d’environnement, et donc blasé devant tout changement, il passait ses journées à se moucher, ayant contracté un méchant rhume des villes sur le bateau-mouche. Continuer de lire La chute de sa Majesté (des mouches)

Ras le sol !

— Non mais oh dites donc, pour qui vous prenez-vous pour vous parquer ainsi sur mon territoire ? s’insurge Dame Moquette.
— Comment ça, sur votre territoire ? s’exclame Père Parquet.
— Exactement ! Mon territoire ! De l’évier de la cuisine au bidet de la baignoire !
— Votre cher propriétaire ne vous a rien dit ? La moquette, c’est has been depuis belle lurette !

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Rencontre de troisième génération

Deux molosses atterrirent aussitôt devant lui, un air pas vraiment « toutou friendly ». Ransen Pulin frémit. Se pourrait-il qu’il vécût-là ses dernières heures ? Comment les colosses avaient-ils pu se poser ainsi devant lui comme deux campanules ? Ca le rendait incrédule. Il regarda la canne qu’il tenait à la main. Et si, sur le pommeau, avait été représentée une tête de chat ? Continuer de lire Rencontre de troisième génération

Apprentie en herbe #14 ou le syndrome de l’imposteur

Pour faire simple, et ne pas verser dans la philosophie de comptoir avec Bébert aux manettes (passons sur le cliché, là n’est pas la question), le syndrome de l’imposteur en écriture, c’est le fait de ne jamais se sentir légitime, de ne pas penser que son « art » finalement vaille la peine qu’on s’y intéresse, encore moins qu’on s’y attarde (voyez, les guillemets autour du mot « art », typiquement c’est ça).
Voilà, fin de l’article. C’est ce qu’on appelle clarté et concision. 🙂 Continuer de lire Apprentie en herbe #14 ou le syndrome de l’imposteur

Just (un)married (et juste merci !)

Pour Desdémone, c’était compliqué. À l’heure où le contenu de votre CV intéressait moins que l’amplitude de votre bonnet, elle peinait à trouver un emploi de qualité, et qualifié. Pourtant, après 18 ans d’études (après le BAC s’entend), 2 masters et 1 doctorat, elle se retrouvait toujours, comme qu’on dirait, au chomdu parce que notre pauvre Desdémone, était, comme qu’on dirait, moche, ou mochedu. Continuer de lire Just (un)married (et juste merci !)

Jugera bien qui jugera le dernier

Quand on venait pour se faire ausculter, un beau tailleur il vous sculptait. Quand on venait se faire diagnostiquer, votre bon sens il astiquait. Quand on voulait un simple papier, un mauvais quart d’heure vous passiez. Les assurances maladie l’adoraient, l’adulaient, devant lui ondulaient.
Car quiconque allait au cabinet du docteur Poinbarre finissait à poils, sans un sou dans le falzar ! Continuer de lire Jugera bien qui jugera le dernier

Télé-crochet (Agenda ironique janvier)

– Mais enfin, où est-elle passée ?
– Mhm… quoi donc mon ange ? marmotta Céphéide, exécutant un énième ouvrage au crochet, maîtrisant autant l’art de la causette que celui de la chaînette.
– Eh bien ! Ma vertu ! s’exclama Sicaire, sidéré et excédé devant l’évidente absence de celle-ci et l’ignorance de celle-là. Continuer de lire Télé-crochet (Agenda ironique janvier)

Bataille royale

Bonsoir bonsoir ! Enfin un peu le temps de gratouiller et griffonner sur mon carnet en ce début d’année déjà chargé. J’espère que les fêtes ont été douces et joyeuses malgré… malgré tout ! Dans ma liste de résolutions qui ne tiendront pas plus de deux semaines comme celle de faire plus de promo pour mes livres, j’ai décidé d’accorder toute sa place à ce … Continuer de lire Bataille royale

(Mauvais) esprit de Noël

calendrier de l’avent ouvrait sa première fenêtre, qu’il fermait la sienne ! Il enfonçait sa mauvaise humeur derrière ses volets qu’il ne rouvrait qu’au premier janvier, lorsque les sols commençaient à geler et les saoulards à désaouler. Dans son jardin, poussaient à cette période, comme des « Amanites Tue-Louches », des panneaux aux messages on ne peut plus clair : « Houx-ste ! » « C’est le lutin final ! » « Pas de Oh oh oh ici, je ne Ah ah ah pas ! ». Continuer de lire (Mauvais) esprit de Noël

La tête de veau (atelier L’Inventoire)

Toutes les fourchettes se sont arrêtées de fourchetter. Un silence s’est installé autour de la tablée. Était-ce du lard ou du cochon ? Enfin du tofu ou du seitan ? Dans cette famille de bouchers de génération en génération, le malaise était grand et n’avait pas l’air de vouloir déguerpir.

— Ah, ce Lucas, toujours le mot pour rire ! Prends donc de la tête, avec le plein de sauce ! a répliqué ma mère, prenant le plat à pleines mains, priant pour que 1 mon père n’ait pas entendu cette phrase incongrue et pour que 2, ladite phrase incongrue le reste. Continuer de lire La tête de veau (atelier L’Inventoire)