Gang de citrouilles

Bonsoir bonsoir, me revoilà avec un peu moins de retard que d’habitude ! Comme je croule sous les projets que je repousse toujours à la Saint-Glinglin et que ledit saint n’est toujours pas apparu dans mon calendrier, je propose aujourd’hui un texte plutôt léger vu la morosité ambiante. Pour ceux qui ont plutôt envie de rire jaune et qui ont loupé ma petite satire, je vous renvoie sur mon Zinocchio sur ce même blog, et ceux qui se rêvent bon samaritain, sur mon recueil de nouvelles en vente dans toutes les librairies qui se respectent (enfin, qui sont référencées quoi). Les commentaires sont les bienvenus, (surtout les plus élogieux), car nous vivons dans ce monde de buzz et d’algorithmes… ardu pour les inconnues de mon espèce, plus communément appelées les youhou-cest-moi! Cessons les pirouettes, voici mon historiette, je vous retrouve en fin de texte pour recueillir vos impressions !

— Chaque année, c’est pareil ! On nous fait pousser, alors on pousse, on pousse, et quand on est enfin prêtes à prendre notre pied, on nous envoie nous faire farcir !

— C’est vrai ça, on n’est pas des tomates à la fin !

— Non à la soupe !

— Non à la purée !

— Non à la confiture !

— Je ne suis pas certaine que nous servions à faire de la confiture, coupa d’un ton sans équivoque, Pumpkin, la cheffe des citrouilles qui avait réuni en urgence ses voisines du potager.

C’est que l’automne était déjà bien entamé, et arrivait avec lui, une fête que d’aucunes redoutaient… Halloween.

— Pumpkin a raison… concéda Squashie de mauvaise grâce. J’ai entendu dire qu’on nous mettait même des bougies… ne put-elle s’empêcher de rajouter en se rappelant la conversation surprise entre Jack, leur propriétaire et Lantern, l’un des maraîchers avec qui il traitait.

— Des bougies ? Où ça ? s’écria Butter, qui n’avait pas d’imagination.

— Oui, où donc ? s’exclama Nut, sa citrouille jumelle, qui n’avait pas plus de créativité.

— Si vous saviez la perversité de ces humains, cracha Squashie, ils vont nous peler, nous vider et nous foutre une bougie dans le…

Le fourre-tout littéraire

Mauvais esprit

Un soir d’octobre dans notre village endormi. Nous avions 13 ans, l’âge bête des amours fugaces et de l’acné tenace. Les enfants étaient rentrés chez eux, et seuls les chats erraient dans la rue principale où plus aucune âme ne vivait. Les réverbères s’étaient éteints, comme bon nombre des foyers. Pas le nôtre. On avait découpé des citrouilles, s’était peinturluré les bouilles et foutu la trouille. Déguisées en squelette, zombie et autres monstres de compagnie, nous avions menacé tout le bourg : des bonbons ou la vie !

C’était Halloween. Nous n’avions eu que des bonbons.

La soirée était déjà bien entamée.

Collées les unes aux autres sur le canapé, on s’empiffrait de friandises devant un film d’horreur, c’était Scream 2 ou bien Massacre à la tronçonneuse, des titres garantis Sang-Frissons. Fermée à double-tour, la maisonnée baignait dans l’obscurité, s’éclairant au rythme des images qui défilaient devant nos têtes d’épouvantail épouvantées. La situation était critique pour l’héroïne, seule dans une demeure où n’importe quel demeuré pouvait se planquer derrière chaque porte.

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