Dunes d’émotion (Agenda ironique de septembre)

Ah la Bretagne, ses galettes, son sel, son cidre, ses criques, ses falaises, sa pluie ! Nous croyions y échapper, on peut dire qu’on prend une sacrée saucée depuis hier soir ! Mais l’un des avantages non négligeables quand on a pas investi dans un méga ciré, c’est que ça invite forcément à gratter du papier ! Alors, me voilà à 2jours du délai, à proposer ma toute première participation à l’agenda ironique du mois de septembre proposé ce mois-ci par Chachashire. Le principe est simple et sympathique : chaque mois, un blog est désigné pour proposer un exercice d’écriture avec certaines contraintes (qu’on applique ou pas) pour libérer la créativité ! Après, y’a des votes apparemment, mais j’avoue que je ne suis pas bien sûre du quoi qu’on vote, vu que c’est mon premier texte que je jette dans la fosse ! Alors, pour cette consigne, y’avait pas mal de choses, une révélation dans l’actu dont les conséquences sont inévitables au moment de leur révélation, y’avait une histoire de guéridon et de tabou imposés avec des antonymes en mot-valise rimant avec triomphe, y’avait de la joyeuseté et de la sensualité demandés… Tout est plus clair ici : Agenda ironique de septembre 2019, sujet Je ne sais pas si j’ai réussi l’exercice, mais j’ai fait de mon mieux, bonne lecture à vous, n’hésitez pas à partager votre avis sur la chose, et à visiter ces sites pour découvrir de forts jolies plumes, ou pour y frotter la vôtre ! Voici le lien avec toutes les contributions, « viendez » les parcourir et voter pour vos préférés, ça « trucule » pour de vrai ! Agenda ironique de septembre 2019, textes et votes

Le fourre-tout littéraire

L’ombre du Biltmore

Sentant déjà les prémisses de la gueule de bois, Peterson se dirigeait vers la chambre de son hôtel. La nuit n’avait pas été mauvaise, mais il rentrait seul. Le dernier whisky, sans doute de trop, l’avait alourdi. Loin des vapeurs d’alcool et des nuages de fumée, le hall du Biltmore Hotel lui paraissait soudain froid et lugubre, malgré le raffinement de la pièce, des murs jusqu’aux stries des tapis.

Rompu, il n’aspirait plus qu’à se vautrer dans son lit, oubliant sa déconfiture dans les affres d’une nuit sans ardeur. L’attente lui semblait insurmontable. Il envisageait de prendre l’escalier jusqu’au huitième étage lorsque l’ascenseur s’arrêta enfin devant lui. Soupirant de soulagement, il s’y engouffra aussitôt.

Immobile, silencieuse, drapée de noir, une jeune femme fixait de ses yeux sans couleur les boutons qui indiquaient son étage. Elle allait manifestement au 6. Luttant contre la curiosité, il se concentrait sur les sensations d’élévation qui faisaient tressauter son estomac barbouillé. Mais il la voyait, délicate, la taille fine, enserrée dans une robe assortie à ses cheveux de jais qui entouraient son visage et ensorcelaient son âme. L’ascenseur ouvrit ses portes, laissant Peterson dans la détresse. Elle restait pétrifiée, une fleur transie.  Il voulait parler, était figé, engourdi.

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