La chute de sa Majesté (des mouches)

Dur dur de tenir le rythme d’écriture. Mais je reviens enfin avec un nouvel exercice facétieux dans le royaume des mouches. Je vous le livre tel quel, m’excuse par avance pour la vulgarité du métier de M. Mouche, mais en même temps, il n’est pas le seul à l’exercer dans toutes les sphères de notre société 😉 ! Voici la consigne proposée, toujours sur le blog de Pascal Perrat. Il fallait compléter ceci :

La famille Mouche n’était jamais venue à Paris. Pour leur visite, tonton Bourdon avait prévu un programme de touriste : harcèlements sur un bateau-mouche, visite guidée au Musée de l’étron, déjeuner gourmet dans une poubelle du 16e, mais ce qui devait leur laisser un souvenir

Voilà ce que ça a donné ! Bonne lecture !

Pour leur visite, tonton Bourdon avait prévu un programme de touriste : harcèlements sur un bateau-mouche, visite guidée au Musée de l’étron, déjeuner gourmet dans une poubelle du 16e, mais ce qui devait leur laisser un souvenir impérissable serait sans doute ce qu’ils appelleraient par la suite l’incident, survenu en fin de fly trip, dans un restaurant somme toute ordinaire, dans lequel tonton Bourdon, habitué des jeux de mots et autres calembours, avait cru bon d’inviter la famille : « la Mouche qui louche ».

Brundle, le patriarche de la famille, un enculeur de mouches de père en fils – depuis 2002 -, avait ri avec bonhomie de la facétie, en donnant un coup de tapette sur l’épaule de sa femme qui elle, n’avait pas bougé d’une aile. Depuis qu’on lui avait dit qu’elle ne retrouverait plus son poids mouche, elle la faisait plutôt fine, la mouche. Le fils, lui, avait à peine hoché la tête ; peu habitué à changer d’environnement, et donc blasé devant tout changement, il passait ses journées à se moucher, ayant contracté un méchant rhume des villes sur le bateau-mouche.

—Mesdames, messieurs, avez-vous choisi ? s’enquit un serveur qui avait dû, par souci du détail, être embauché pour ses yeux, bien globuleux.

—Excusez-moi, une question sur votre viande, s’avança le patriarche, qui n’aimait pas vraiment ça, mais qui n’aurait jamais osé l’assumer en public, devant tonton Bourdon de surcroît.

—La meilleure des meilleures, susurra le serveur dont la conviction faisait encore plus ressortir la rondeur de ses yeux. Une véritable viande à mouches, triée sur le volet, littéralement ! Sur le volet de la ferme aux mille vaches !

—Ah bon, bon, répondit Brundle, qui n’y connaissait rien, mais qui avait appris à masquer son ignorance banale, par la redondance lexicale.

—Et pour votre poisson, s’inquiéta madame Mouche, qui avait jugé la sauce meunière moins grasse que la sauce poivrière, ce qui était contestable dès lors que l’on passait les portes de la cuisine.

—La quintessence de l’océan, le super de la mer, une pêche à la mouche, du riz à la louche, s’enthousiasma le serveur, dont les yeux étrangement, s’étaient rétrécis sous l’effet de la poésie.

—Ah parfait, murmura Madame Mouche, qui n’avait au fond guère envie de faire du mal à une mouche, mais que les légumes écœuraient… et, pour être honnête, ballonnaient.

—Tsé tsé que le boisson, c’est le bire blat pour bousiller la blanète ? se réveilla soudain le fils, derrière son mouchoir, devant un auditoire que l’on jugea, à juste raison, « dés-hameçonné ».

—Quelle mouche le pique ? fit semblant de s’indigner, Didier, alias tonton Bourdon, pour détendre l’atmosphère. En réalité, il jubilait comme une reine d’Angleterre.

—T’es dengue ou quoi ? s’exclama le patriarche qui faillit s’étrangler avec son verre de vin, qu’il trouva aigre.

—Oh mais étron à la fin ! s’écria Madame Mouche qui ne disait jamais un gros mot plus haut que l’autre.

On ne sut jamais ce qui fit le plus mouche dans la tablée, le phrasé, ou sa portée.

—Enfin, mouchérie, calme-toi, ça va bien se passer. Tu sais comment est ton fils… glissa le patriarche en mimant quelqu’un qui aurait une araignée au plafond.

—C’est aussi le tien ! Didier, merci merci merci, il a fallu que je traverse le tout Paris, pour que je comprenne enfin qui je suis ! J’en ai excrémement assez de servir sa Majesté !

—Sa majesté ! Bah ! Mais enfin, tu délires mouchérie…

— Oh non ! Marre de me toiler la vase ! Je me tue-mouche à la tâche depuis notre mariage, et mouche-ceci et mouche-cela et tout ça pour quoi ? Pour un pointeur du doigt et pour… un enculeur de mouches ?

—De père en fils, je te prie !

—Bzz Bzz ! Ras le bol ! Je reprends mon envol !

Et Madame Mouche s’était envolée, du moins, elle s’était levée, avait jeté la serviette à carreaux rose – devant les yeux exorbités du serveur qui adorait ces serviettes – avait regardé, pour la dernière fois, ce fils ingrat et Brundle, bien gras.

Ce fils et Brundle, qui n’avaient pas su quoi faire, et qui finalement se diraient que de l’étron, du bateau-mouche, de la Tour Eiffel, cet épisode serait le plus marquant de leur virée parisienne, et Didier, alias tonton Bourdon avait ajouté, parce qu’il avait toujours aimé les ragots et les calembours « Hum, encore une preuve qu’on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre ».

Brundle avait ri jaune, devant son verre de vin…aigre.

Alors, qu’en pensez-vous de ma version des Mouches ? Pour me lire et me suivre, c’est là !

Crédit Photo : Pixabay.

Le fourre-tout littéraire

Ras le sol !

Youpi les vacances ! (Oui, c’est désastreux de ne jamais arriver à écrire que pendant ces temps bénis où les journées s’étirent sous le soleil la pluie). Je prends enfin un peu de temps pour revenir ici lire mes camarades et pondre quelques nouvelles. J’espère à l’avenir réussir à être aussi régulière que dans le passé, mais en attendant, vous pouvez retrouver mes chroniques littéraires sur Insta ou mes textes ultra courts directement sur ma page FB (liens sur la barre latérale droite) ou là. Et mes ouvrages dont Breaking News (merci à tous ceux qui ont posté un avis dessus🧡🧡💜 ) sont toujours en vente dans toutes les librairies si la lecture sur écran n’est pas votre cup of tea et que la fête de Pâques vous incite à faire une bonne action ! Pour l’heure, voici ma contribution à l’atelier en ligne proposé encore et toujours par Pascal Perrat dont les consignes ne déçoivent jamais. Voici la mission confiée en ce jour : Une moquette se chamaille avec un parquet à propos du droit des sols, imaginer leur dialogue. Et voilà ce que ça a donné, belle lecture à vous !

Une moquette se chamaille avec un parquet à propos du droit des sols.

— Non mais oh dites donc, pour qui vous prenez-vous pour vous parquer ainsi sur mon territoire ? s’insurge Dame Moquette.

— Comment ça, sur votre territoire ? s’exclame Père Parquet.

— Exactement ! Mon territoire ! De l’évier de la cuisine au bidet de la baignoire !

— Votre cher propriétaire ne vous a rien dit ? La moquette, c’est has been depuis belle lurette !

— Mais vous êtes revêtement fou ? Je réchauffe les pieds et les cœurs depuis des centaines d’années moi ! Et ce n’est pas parce que je ne parle pas anglais que je suis démodée ! se vexe Dame Moquette, qui aurait rêvé être aussi polyglotte que polyester.

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Rencontre de troisième génération

Bonsoir ! Dernier texte en date avec une nouvelle inspirée par le blog de Pascal Perrat dont je ne me passe (et lasse) plus ! La consigne était la suivante, compléter cet incipit : Encore une maison de pauvres ! Aucun bijou, pas d’espèces planquées quelque part ! Rien ! Il s’empressa de déguerpir. Près de la porte, sur une encoignure, une canne avec un pommeau en tête de chien. Il s’en empara. S’il avait su… Si j’avais su pour ma part que ça allait m’inspirer tellement de lignes que je n’ai pas osé poster ma courte nouvelle sur le blog en question. Comme il est tard, je vous laisse le découvrir sans plus attendre, demain il y a école ! Bonne lecture, et comme toujours, partagez, commentez, participez, bref communiez avec l’écriture :=) !

Encore une maison de pauvres ! Aucun bijou, pas d’espèces planquées quelque part ! Rien ! Il s’empressa de déguerpir. Près de la porte, sur une encoignure, une canne avec un pommeau en tête de chien. Il s’en empara. S’il avait su…

Deux molosses atterrirent aussitôt devant lui, un air pas vraiment « toutou friendly ». Ransen Pulin frémit. Se pourrait-il qu’il vécût-là ses dernières heures ? Comment les colosses avaient-ils pu se poser ainsi devant lui comme deux campanules ? Ça le rendait incrédule. Il regarda la canne qu’il tenait à la main. Et si, sur le pommeau, avait été représentée une tête de chat ? Aurait-il à la place deux chatons trop mignons comme ceux qu’il suivait sur TikTak ? Il n’eut pas le temps de réfléchir. L’un des molosses, (il découvrirait qu’il s’appelait Milou), se mit à grogner plus fort. C’était si bête, finir en morceaux, ou plutôt en croquettes, pour une canne tout droit sortie d’un décor de guinguette… Il voulut la reposer. Le deuxième chien, (qui se prénommait Tintin, comme il l’apprendrait par la suite), se mit à aboyer.

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Just (un)married (et juste merci !)

Bonsoir ! Je viens de réaliser que cela fait déjà 3 ans que ce blog est né ! 3 ans ! Il peut s’en passer des choses en ce laps de temps ! Alors, à toi, cher.ère lecteurice, qui me suis depuis peu ou le début, que tu restes silencieux dans tes commentaires, ou consciencieux dans tes critiques, je te dis MERCI ! Parce que de l’autre côté de l’écran, cela fait toujours plaisir de savoir que mes petits textes, qui partent dans leur bouteille informatique, trouvent un bord de mer sur lequel se poser en quelques clics 🙂 ! Aujourd’hui, voici 2 textes un peu loufoques écrits pour l’atelier Les mots (défi de février terminé jusqu’au bout oh yeah 🙂 ) et toujours pour l’atelier de Pascal Perrat que j’aime énormément. Sans plus de fariboles, bonne lecture, merci de ces belles rencontres et ces jolis échanges autour de l’écriture et me suivre toujours plus nombreux et nombreuses ! Je crois qu’en ces temps complexes, nous devons d’autant plus rire… et nous unir !

Consigne 1 (Pascal Perrat) Poursuivre ce début de texte

C’était au siècle des joliesses, du mouvement plastique. La beauté avait force de loi. Tout individu devait avoir un corps parfait : mince, bronzé, musclé, élancé. Zéro défaut. Mais…

Pour Desdémone, c’était compliqué. À l’heure où le contenu de votre CV intéressait moins que l’amplitude de votre bonnet, elle peinait à trouver un emploi de qualité, et qualifié. Pourtant, après 18 ans d’études (après le BAC s’entend), 2 masters et 1 doctorat, elle se retrouvait toujours, comme qu’on dirait, au chomdu parce que notre pauvre Desdémone, était, comme qu’on dirait, moche, ou mochedu.

C’est pas faute de ses parents — paix à leurs âmes — qui avaient pourtant mis dès le berceau, toutes les chances autour du landau. Sa mère, enceinte jusqu’au cou, faisait des bains aux girofles et à leurs clous ; son père, présent jusqu’au bout, faisait des pains aux girolles et au cabécou. Ils avaient goûté à toutes les croyances qui apporteraient, grâce, calme et beauté à leur futur bébé, ils l’avaient appelée Desdémone, Desdé dans l’intimité, parce que Désirée, ça faisait un peu trop, un peu trop désespéré.

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Du saumon et des poumons

Bonsoir à vous, vacances ne rimant pas avec luxe, calme et oisiveté, je profite de ce repos – n’en déplaise aux clichés ! – bien mérité pour faire couler de l’encre sur mon papier et faire avancer mes projets. Je vous en parle prochainement dans un Apprentie en herbe… Pour garder un rythme d’écriture quasi journalier, je continue donc le défi à distance proposé par l’école LES MOTS avec chaque jour une consigne courte une plus longue le vendredi et j’y ajoute des défis d’écriture trouvés ici et là sur la toile. Après l’Agenda Ironique qu’on ne présente plus, je me suis intéressée à celui proposé chez entre2lettres par Pascal Perrat. Voici donc 2 très courts textes pour le prix d’un ! Consigne du premier, chez entre2lettres, commencer par « C’est au cours d’un repas de famille qu’il eut une révélation. Aucun membre n’avait comme lui des yeux de merlan frit, mais tous avaient quelque chose de poissonneux. Le tonton, par exemple, c’était son air saumon » et continuer comme cela nous chante. Consigne du second, proposée par David Thomas : prendre une photo avec un personnage, décrire et imaginer qui est ce personnage, et ce qui vient de lui arriver, là aussi comme ça nous chantonne. Voilà, je vous laisse découvrir ce qui est sorti de mes deux premières fois dans ces deux ateliers respectifs ! 2 histoires, 2 ambiances… N’hésitez pas à laisser un commentaire, (et aller faire un tour sur les 2 sites) !

Consigne number one

C’est au cours d’un repas de famille qu’il eut une révélation.

Aucun membre n’avait comme lui des yeux de merlan frit, mais tous avaient quelque chose de poissonneux.

Le tonton Amédée, par exemple, c’était son air saumon. Les jumeaux, les fils de la sœur du tonton, bref, pour faire simple, les neveux d’Amédée, l’appelaient à raison et en secret tonton Apéricube (on a la (pisci)culture qu’on peut).

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Jugera bien qui jugera le dernier

Bonsoir à tous, me voilà de retour ! Le mois de février est là, plein de ses promesses du printemps à venir (il n’est jamais trop tôt pour s’y préparer) et de l’inspiration littéraire ! Car, oui, pour l’instant, (et pourvu que ça dure), je tiens mes engagements au niveau de l’écriture, et relève le défi proposé par l’école « Les Mots » (plein d’ateliers sympas proposés en visio ou en live) qui est d’écrire 1 000 signes par jour, avec une consigne différente qui tombe le matin avec le café (ou le thé). Du coup, voici un texte qui n’a aucun rapport avec les travaux proposés mais qui a coulé de cette après-midi ensoleillée… Je vous laisse le découvrir sans plus de détour, vivons d’humour et d’eau fraîche ! N’hésitez pas à partager, liker et surtout de ce monde, vous moquer…

Le docteur Poinbarre était sans fard. Les ordres étaient des ordres, le chaos le désordre. Le docteur Poinbarre, il faut le dire, avait l’art de la rembarre, le venin dans le dard, bref en un mot, avec le docteur Poinbarre, halte aux blagues Carambar.

Quand on venait pour se faire ausculter, un beau tailleur il vous sculptait. Quand on venait se faire diagnostiquer, votre bon sens il astiquait. Quand on voulait un simple papier, un mauvais quart d’heure vous passiez. Les assurances maladie l’adoraient, l’adulaient, devant lui ondulaient.

Car quiconque allait au cabinet du docteur Poinbarre finissait à poils, sans un sou dans le falzar !

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Télé-crochet (Agenda ironique janvier)

Bonsoir à vous ! Un peu plus d’écriture en ce moment car je respecte mon propre adage « pour écrire plus, il faut écrire tout court ». Alors, cette fois-ci, je me suis fixé un nouveau défi auquel je n’avais pas participé depuis longtemps avec des contraintes de consigne et de temps ! Parfait pour me donner un petit coup de pied au biiip ! C’est mais bien sûr l’Agenda ironique ! En ce mois de janvier, il est hébergé chez Lyssamara. Il s’agissait de commencer par « tandis que les autres demeuraient silencieux, il se mit à aller et venir, fouillant dans tous les tiroirs », incorporer les mots étendre / galet / ange / sicaire / céphéide / se revancher / revif et glisser « je m’attache très facilement ». Si vous voulez participer, je vous invite à tout lire du fonctionnement ici. Voici ma contribution, je ne sais pas si tout y est, mais en tout cas, je me suis bien amusée 😉 ! Bonne lecture !

Tandis que les autres demeuraient silencieux, il se mit à aller et venir, fouillant dans tous les tiroirs.

— Mais enfin, où est-elle passée ?

— Mhm… quoi donc mon ange ? marmotta Céphéide, exécutant un énième ouvrage au crochet, maîtrisant autant l’art de la causette que celui de la chaînette.

— Eh bien ! Ma vertu ! s’exclama Sicaire, sidéré et excédé devant l’évidente absence de celle-ci et l’ignorance de celle-là.

— Oh, la dernière fois que je l’ai aperçue, il m’a semblé la voir dans les chaussettes, suggéra Céphéide, habituée aux humeurs de son compagnon, ainsi qu’à ses oublis vertueux, tel un cercle se répétant à l’infini.

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(Mauvais) esprit de Noël

Bonjour, ce sont les vacances (encore ??!!), je t’assure qu’elles sont bienvenues. Aujourd’hui, je reviens avec un texte créé dans le cadre d’un défi de 30 jours proposé par le blog de Kea Ring autour de la thématique de Noël. C’est une idée très chouette et sympa (il reste encore des jours si tu veux y participer) et comme d’habitude, je suis toujours très emballée (comme un cadeau hihi) mais je me retrouve toujours à la traîn(eau) faute de temps ! Alors, voici ma contribution au défi 4 ou 5 (LOL) où il fallait écrire un texte libre en insérant les mots : houx – philosophefolkloresaison proverbeurgent – carotte. Dis-moi en commentaire ce que tu en penses, et n’oublie pas, si tu ne sais pas quoi offrir à Noël et que tu as envie de soutenir une auteurice en mal de reconnaissance (de blé), mon recueil est toujours en vente partout et ici ! Si tu n’es pas convaincu par ma pauvre harangue, voici un commentaire d’un inconnu sur Babelio (s’il se reconnait ici, qu’il parle ou se taise à jamais) qui t’aidera peut-être à franchir le cap ! Belle lecture quand même et joyeux Noël !

Pierrot Rabbit détestait  Noël. Il avait cette saison en horreur : folklore de faux décors, festival de guirlandes, films à la gui-violette, pulls kitsch et Pères Noëls au kirsch. Très peu pour lui ! À peine le calendrier de l’avent ouvrait sa première fenêtre, qu’il fermait la sienne ! Il enfonçait sa mauvaise humeur derrière ses volets qu’il ne rouvrait qu’au premier janvier, lorsque les sols commençaient à geler et les saoulards à désaouler. Dans son jardin, poussaient à cette période, comme des « Amanites Tue-Louches », des panneaux aux messages on ne peut plus clair : « Houx-ste ! » « C’est le lutin final ! » « Pas de Oh oh oh ici, je ne Ah ah ah pas ! ».

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Psychiatre Delarue

C’est mercrediiii ! Et en bonne professeureuuuh, j’ai mon après-midi ! Du coup, j’ai pu retaper et retravailler un chouya un texte écrit dimanche, jour du tofu en sauce, inspiré d’un exercice de théâtre… Comme il est tard et que j’ai des millions de projets sous le coude (comme celui de finir mon Nanowrimo en 1 semaine… SPOILER… je n’y arriverai point), je te laisse en bonne compagnie de ma psychiatre, et t’attends en commentaire (n’oublie pas, si tu ne sais pas comment occuper ces heures affreuses de novembre, mon livre est toujours en vente ici ou dans toutes les librairies) ! Belle lecture et belle soirée à toi. Comme toujours, bienveillance, 2nd degré et tutti frutti…

— Entrez M. Bertrand.. Qu’est-ce qui vous emmène, marmotta Mme Delarue, la psychiatre, les yeux rivés sur son bureau jonché de papiers.

— Docteuse…

— Docteure, reprit-elle machinalement. Où avait-elle fichu sa liste de courses ?

Doctoreuh, je ne sais plus quoi faire… je crois que j’ai développé une… une addiction…

— Ah la voici ! répondit la psychiatre. Est-ce qu’elle avait bien noté le dentifrice menthe poivrée?  

— Comm… comment ? C’est que c’est une addiction plutôt gênante…

Sans doute moins que celle de son patient précédent, qui adorait tremper dans les bocaux à cornichons son propre… condiment.

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La tête de veau (atelier L’Inventoire)

Bonsoir bonsoir, boostée par la Nanowrimo (je t’en parlais ici) et par les ateliers de l’Inventoire (j’avais déjà publié pour l’occasion ceci), me revoilà avec un texte écrit sur un coup de tête… de veau ! Bon, je ne sais pas si je rentre dans les clous (consigne par là) mais en même temps, je ne vise ni le Renaudot, ni le Nanowrimo ! Bah, oui, gare aux clichés, mais une fonctionnaire qui veut fonctionner un minimum a pas mal de pain sur la planche ! Alors, je te laisse avec ce texte un peu brut de pomme car mon défi de novembre est toujours en cours, ainsi que ma longue liste de cases à cocher pour faire mon autopromotion pour Breaking News et clamer haut et fort au génie (AU GENIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIE !). Bref, il me reste la moitié du mois, et encore 40 000 mots à écrire. Si tu me cherches après la classe, je suis dans une grotte, après la raclette à gauche. Bonne lecture à toi.

— Tu prendras bien un peu de tête de veau ?

Cela venait de ma gauche, de ma tante, Laurette, une femme aussi gentille que replète. 

— C’est-à-dire que… je suis végétarien.

Toutes les fourchettes se sont arrêtées de fourchetter. Un silence s’est installé autour de la tablée. Était-ce du lard ou du cochon ? Enfin du tofu ou du seitan ? Dans cette famille de bouchers de génération en génération, le malaise était grand et n’avait pas l’air de vouloir déguerpir.

— Ah, ce Lucas, toujours le mot pour rire ! Prends donc de la tête, avec le plein de sauce ! a répliqué ma mère, prenant le plat à pleines mains, priant pour que 1 mon père n’ait pas entendu cette phrase incongrue et pour que 2, ladite phrase incongrue le reste.

— Non merci. Je ne mange plus de viande.

Les yeux se sont faits plus ronds autour de moi. Dans ceux de ma mère, j’y ai vu du trouble. Ceux de mon père eux, se sont jetés sur le gras double.

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Bla bla (Agenda ironique juillet)

Bonjour bonjour ! Les émotions dernières étant enfin retombées (pour ceux qui ont pas suivi, c’est par là le condensé des dernières aventures litturesques et éditoriiiales), une pause entre deux invités étant accordée (oui nous vivons dans un « moulin » et nous avons pris l’expression totalement à la lettre), me voilà de retour plus tôt que prévu, plus tard qu’imprévu quoi ! Et cette fois, je reprends enfin du service pour l’Agenda Ironique ! Si vous avez par malheur oublié ce dont que quoi il s’agissait, yeutez donc par ici chez les Carnets Paresseux. Pour le reste, ce mois-ci, l’agenda fort ironique se tenait chez Victor Hugotte : il y était question d’onomatopées en tous genres, de borborygmes aussi, d’accumuler et de répéter pour conter un moment décisif, pas forcément fatidique dans la vie d’une personne ! Bon, je ne sais pourquoi, mais quand j’ai lu cette consigne autour du bruit, j’ai pensé au tout dernier festival de jazz (pour le moins) expérimental auquel nous avons « gaiement » assisté. Et, de fil en aiguille, de flûte en bec, ça a donné ce texte ! Je précise que toutes ces onomatopées ont été tirées d’une liste trouvée en trois clics sur le net, et que si vous retrouvez le mot derrière le son, le sens devrait « apparaître », comme d’un coup de baguette de magicien musicien… Je vous souhaite donc une belle lecture et m’excuse d’avance pour la cacophonie littéraire qui en résulte !

(Toute ressemblance serait purement non fortuite et absolument, voire abondamment exagérée).

Dans un temps autrefois, jadis…

FRRDONGCLICZZTSCRRFLIPFLAPTAPTAPTAPTICTICTACTRIIITVLANG !!

— BOUH cette musique ! J’ai cru URG !!!

— RAAH !!! Mais… mais… HOURRA! HOURRA !

— HOURRA ??! HOURRA ??! HOU-HOU, il y a quelqu’un ? Tu as écouté la même chose que moi ? Un TAGADA TAGADA qui joue de la harpe avec une TSING n’aurait pas plus écorché mes oreilles !!  

— C’était si BANG ! Pas meilleur pour PANG PANG la soirée !

— J’aurais préféré ZZZer ou RRRer… Ça VROOM-VROOMait trop, ça RA-TA-TA-TAit ! J’ai la tête comme un TUT-TUT ! AIE, OUILLE ! J’ai les tympans qui font BOUM-BOUM.

— Mais c’est de l’art, du pur ! Un BING de maître ! Du CLAP CLAP, du WAHOU, de l’ovation ! ça SCHLAKe le TRIIII TRIIII un son pareil !

— BEUH… tu m’ôteras pas de l’esprit que c’était juste du BONG BONG entre deux FROU-FROU, j’aurais mieux préféré assister à un concert du groupe DRING-DRING, en plus j’ai les fesses qui SCRATCHent sur leurs sièges, confessa-t-elle en se versant une PLOC de limonade.

— COââ !? Je m’ARGLLe, je GARGLe ! fit-il en se tenant les mains à la gorge.

— PFFayer pour écouter du BROUHAHA… répondit-elle en haussant les épaules.

— Vaudrait mieux la ZIPper, tu me files le HIC, tu me refiles le HIP, je GLOUPe devant tant d’EUH… Que DING-DONG-t-il donc dans cette caboche ? Renier ainsi le génie COCORICO… s’insurgea-t-il, au bord de l’apoplexie symphonique, scandalisé et outré par un manque si criant de goût.

— MOUAIS… ça, du génie ? Quelle comédie musicale ! En plus, il fait un AGLA-AGLA de COIN-COIN dans ce chapiteau.

— Ah non ! Ne commence pas à ATCHOUMer, tu vas gêner le second concert ! Fais des HAN-HAN s’il te plait ! C’est les GROINs-GROINs en ARGN qui montent sur scène !

— Bah, je croyais qu’on venait de les voir !

— Mais non ! C’était GONG de GLOU-GLOU ! Ça n’a absolument rien à voir !

FRRDONGCLICZZTSCRRFLIPFLAPTAPTAPTAPTICTICTACTRIIITVLANG !!

— HUM HUM, effectivement, ça n’avait rien à voir, soupira-t-elle en refermant un peu plus sa veste et en buvant une nouvelle gorgée de limonade.

PSCHIIIIIT…

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Image par Peter Fischer de Pixabay

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Aligote, tête de linotte

Me revoilà avec ma nouvelle copine, Miss Régularité. On verra combien de temps on reste amies. Enfin soit ! Je te l’ai dit la semaine dernière (iciiii), j’ai un nouvel environnement qui cultive l’imagination et qui pousse (jeudemotsautourdujardinagebonjour) à l’inspiration. Donc, voici en brut, sans trop de relecture ce qui est sorti pour une des consignes de mon atelier de quartier, une (légère) parodie de conte pour grands enfants ! Il faut croire que la Dordogne, ça vous gagne (gogne ??) ! Bref, bonne lecture, n’hésite pas à commenter, me lancer des fleurs (ou un râteau), me dire si c’est trop perché, même pour un chat lecteur et aventurier. Pour le reste, je t’en parle la semaine prochaine (spoiler, ça sera ptet la semaine d’après). Belle journée à toi et merci d’être passé.e par là ! PS : petite précision, des mots étaient bien entendu imposés dans ce texte sans queue ni tête (de Linotte). Sauras-tu les trouver ?? Re PS : pour les non connoisseurs (comme moi), Pécharmant est une commune et le nom d’un vin apparemment réputé par ici…

Aligote, tête de Linotte, frémit devant son miroir. C’était le jour J. Elle allait sortir. Enfin. Après ces mois enfermée dans sa tour de la résidence du Bosquet Ronflant. Elle appréhendait de mettre un pied dehors. Surtout qu’elle n’avait plus vraiment de chaussures, au fur et à mesure que les années avaient passé, elle en avait débarrassé le plancher, contre des objets plus utilitaires, peut-être même contre des denrées alimentaires. Elle se rabattit sur ce qu’il lui restait, des pantoufles de Vergt, la bourgade voisine. Elle observa ses cheveux qui lui tombaient maintenant à la taille. Les coiffeurs n’avaient pas défilé dans le logement ni effilé nombreux gens. Toute la résidence (7 humains au total) avait adopté le style Bob Marley sans se consulter, et l’on aurait pu croire au Bosquet Ronflant qu’une certaine nostalgie du reggae y régnait. Elle poussa un soupir de dépit. Elle n’avait plus de maquillage sous la main, et rien à se mettre sur les joues pour lui donner un air un peu plus pimpant. Elle ressemblait à un potiron périmé. Elle ramena sa chevelure épaisse en une tresse qu’elle s’attacha avec un fil dentaire qui traînait entre deux morceaux de savonnette cassée, et sèche comme la pierre. Peut-être qu’elle devrait se doucher ? Après tout, elle allait se frotter à d’autres humains. N’était-ce pas ainsi, que toute séduction commençait ? Par ces échanges olfactifs ? Oh, du parfum suffirait ! Zut, pensa Aligote, tête de linotte, je l’ai troqué contre un truc l’année dernière ! Elle se rua dans les toilettes. Le désodorisant était désespérément… vide. Même plus un pschitt dedans. Cela faisait des mois qu’elle devait le jeter au tri. Cela faisait des mois qu’elle s’était dit, après le ménage, après le ménage. Cela faisait des mois qu’elle s’était dit le ménage, le ménage, tout court. Elle se passa de l’eau sous les aisselles, et, avec un élan d’inspiration, elle se mit deux gouttes de dentifrice de part et d’autre. Parfum menthe. Si ça marchait pour les dents, il n’y avait pas de raison… Elle se regarda une dernière fois dans le miroir. Ragaillardie par la sensation de chaleur provoquée par la menthe fraîche sous ses aisselles, elle se trouva moins potiche, moins potimarron. Sa tresse lui donnait un air plus altier, et donnait à sa tenue une allure plus raffinée.

Elle était prête pour le grand soir. Pour la big nuit. Pour le Matari. La discothèque la plus célèbre de la ville qui rouvrait ses portes après mille et une soirées de fermeture. Elle trépignait d’impatience malgré son appréhension. Saurait-elle danser sur la musique ? Saurait-elle se rappeler comment battre la mesure, pour faire battre les cœurs des princes de Pécharmant, le village voisin ? Une escalade d’émotions la submergeait et Aligote, tête de linotte, faillit annuler et rester chez elle. Elle pourrait faire le ménage tiens, au lieu de se pomponner et d’aller parader. Elle regarda les vêtements sales qui s’amoncelaient sur le sol, et les verres qui un jour, avaient étincelé sous la poussière. Rappelle-toi le code, se psalmodia-t-elle pour se donner du courage « Chia, ouvre-toi, Chia ouvre-toi »… Elle prit son sac et machinalement, mit son masque sur le visage. Elle se mit à rire nerveusement. Non, ce soir, et tous les autres soirs, elle n’en aurait plus besoin ! Elle eut envie de pleurer. D’un geste de défi, elle jeta le masque par terre, à côté de ses verres point lustrés depuis belle lurette, et ferma la porte derrière elle. Elle descendit les marches quatre à quatre, l’excitation prenant le pas sur ses craintes.

– Libéréeeeee, délivrée !!! Je ne me masquerai plus jamaiiiiiiiiis !

Puis, patatras. Fin du conte de fées. Alors qu’elle pirouettait sur elle-même, dans ses pantoufles de Vergt, elle se retrouva nez-à-nez avec deux douaniers des gestes barrières.

Aligote, tête de linotte, s’était – hélas !- trompée de date de déconfinement. Les douaniers ne voulurent rien entendre, les deux agents étaient sourds de naissance.

Un jour, mon bailleur viendra, soupira-t-elle, dans sa cellule 404, où elle devrait attendre sagement qu’un des 7 humains du Bosquet Ronflant, vienne la secourir.

Et sans se rendre compte, ses pieds commencèrent à se mouvoir dans ses pantoufles de Vergt, sur une musique qu’elle n’était pas sûre de reconnaitre… Every little thing is gonna be all right…*

*(un petit air de Bobby Marley 🙂 )

Alors, si cette histoire t’a plu et si t’en redemandes, c’est par là qu’on s’abonne et en dessous qu’on commente 🙂 !

Image par Isabel Fernandez de Pixabay

Le fourre-tout littéraire

La leçon de peinture

Bonjour à toi, lecteur, lectrice, âme perdue sur le net en cette fin d’après-midi, enfin de retour après des semaines à nouveau intenses même si je pensais avoir passé le plus chia dur de l’année ! Voici donc un texte écrit pour l’Inventoire, lors du dernier atelier d’écriture en ligne proposé pour le mois de mai. Comme toujours, je lis la consigne, prends mon stylo, et essaie de pondre un petit truc qui se rapproche (du moins qui s’éloigne pas trop) de l’instruction de départ. Et comme toujours, j’ai dépassé et j’ai dévié (oups). En tout cas, j’espère que cette lecture te plaira ! Pour ma part, je me suis collé plein de post-it sur mon carnet pour « tenter d’essayer de m’efforcer de tâcher » d’être plus régulière par ici, malgré les projets qui s’accumulent, les idées qui pullulent et le jardin qui tubercule ( 😉 ). Car il y a du nouveau, côté écriture ! Oh rien de très grandiose (je n’ai toujours pas écrit Harry Potter ni éclairé l’Académie française de mes lumières ) mais plein plein de petites choses qui se mettent en place doucement pour la petite fourmi (ou cigale ?) qui « écrit » et que je suis. En effet, nous avons atterri, mon chat à poils courts, mon chaton à barbe longue et moi dans un lieu fort propice à l’inspiration, et qui n’acceptera nulle excuse ni procrastination… La suite au prochain épisode, dans un nouvel « Apprentie en herbe » où je parlerai de l’univers impiiiiiiiiitoyaaaaaaable de l’édition, et des astuces pour bien garder la tête sur les épaules et non pas en forme de melon (spoiler, métaphore du joggeur et du médaillé olympique). En attendant, si tu veux faire ta BA, c’est toujours par là. Belle lecture et bonne leçon de peinture !

Le fourre-tout littéraire

La foire au jargon

Bonjour à toi, je reviens enfin par ici alors que je m’étais promis plus de régularité sur le blog… Va falloir vraiment songer à s’organiser un poil mieux ma chère si tu veux percer dans la bulle littéraire ! Surtout qu’il y a du nouveau, l’autoédition de mon recueil avance à grands pas ainsi que les autres projets, je t’en parle bientôt (en l’an 2033) hihi, en attendant, si tu ne t’es pas procuré La complainte du belzébuth, c’est par là, une pièce courte et pratique à fourrer dans un sac de plage, qui ne prend pas l’eau (à vérifier tout de même)… Trêve de foin, aujourd’hui, je te partage un texte écrit dans le cadre de l’atelier d’écriture de ma ville qui devrait bientôt se refaire en présentiel, ce qui confère quand même une atmosphère plus douillette que derrière son Machin Tosh. La consigne était de créer un dialogue un peu absurde entre un professionnel et un non-initié, où bien entendu le novice en la matière n’y entend rien justement… J’ai bien évidemment pensé au sketch des Inconnus « Les langages hermétiques » dont voici un extrait, que j’ai dû regarder un bon millier de fois dans ma prime jeunesse. Et quoi de mieux pour jargonner, que d’aller piocher dans mon cher métier, où les sigles, les définitions à rallonge ne manquent pas de nous éblouir chaque jour ! Voici donc ma foire au jargon, sauras-tu traduire en langage compréhensible par l’être humain ces inquiétudes d’institut… pardon, de professeure des écoles ? Spoiler : ceci est un texte à visée humorisitique, et insiste donc sur l’aspect sarcastique d’une caractéristique diabolique de notre métier tragico-comique, en gros, passe ton chemin, Melle polémique 🙂 ! Et belle lecture bien sûr !

Le fourre-tout littéraire