La chute de sa Majesté (des mouches)

Dur dur de tenir le rythme d’écriture. Mais je reviens enfin avec un nouvel exercice facétieux dans le royaume des mouches. Je vous le livre tel quel, m’excuse par avance pour la vulgarité du métier de M. Mouche, mais en même temps, il n’est pas le seul à l’exercer dans toutes les sphères de notre société 😉 ! Voici la consigne proposée, toujours sur le blog de Pascal Perrat. Il fallait compléter ceci :

La famille Mouche n’était jamais venue à Paris. Pour leur visite, tonton Bourdon avait prévu un programme de touriste : harcèlements sur un bateau-mouche, visite guidée au Musée de l’étron, déjeuner gourmet dans une poubelle du 16e, mais ce qui devait leur laisser un souvenir

Voilà ce que ça a donné ! Bonne lecture !

Pour leur visite, tonton Bourdon avait prévu un programme de touriste : harcèlements sur un bateau-mouche, visite guidée au Musée de l’étron, déjeuner gourmet dans une poubelle du 16e, mais ce qui devait leur laisser un souvenir impérissable serait sans doute ce qu’ils appelleraient par la suite l’incident, survenu en fin de fly trip, dans un restaurant somme toute ordinaire, dans lequel tonton Bourdon, habitué des jeux de mots et autres calembours, avait cru bon d’inviter la famille : « la Mouche qui louche ».

Brundle, le patriarche de la famille, un enculeur de mouches de père en fils – depuis 2002 -, avait ri avec bonhomie de la facétie, en donnant un coup de tapette sur l’épaule de sa femme qui elle, n’avait pas bougé d’une aile. Depuis qu’on lui avait dit qu’elle ne retrouverait plus son poids mouche, elle la faisait plutôt fine, la mouche. Le fils, lui, avait à peine hoché la tête ; peu habitué à changer d’environnement, et donc blasé devant tout changement, il passait ses journées à se moucher, ayant contracté un méchant rhume des villes sur le bateau-mouche.

—Mesdames, messieurs, avez-vous choisi ? s’enquit un serveur qui avait dû, par souci du détail, être embauché pour ses yeux, bien globuleux.

—Excusez-moi, une question sur votre viande, s’avança le patriarche, qui n’aimait pas vraiment ça, mais qui n’aurait jamais osé l’assumer en public, devant tonton Bourdon de surcroît.

—La meilleure des meilleures, susurra le serveur dont la conviction faisait encore plus ressortir la rondeur de ses yeux. Une véritable viande à mouches, triée sur le volet, littéralement ! Sur le volet de la ferme aux mille vaches !

—Ah bon, bon, répondit Brundle, qui n’y connaissait rien, mais qui avait appris à masquer son ignorance banale, par la redondance lexicale.

—Et pour votre poisson, s’inquiéta madame Mouche, qui avait jugé la sauce meunière moins grasse que la sauce poivrière, ce qui était contestable dès lors que l’on passait les portes de la cuisine.

—La quintessence de l’océan, le super de la mer, une pêche à la mouche, du riz à la louche, s’enthousiasma le serveur, dont les yeux étrangement, s’étaient rétrécis sous l’effet de la poésie.

—Ah parfait, murmura Madame Mouche, qui n’avait au fond guère envie de faire du mal à une mouche, mais que les légumes écœuraient… et, pour être honnête, ballonnaient.

—Tsé tsé que le boisson, c’est le bire blat pour bousiller la blanète ? se réveilla soudain le fils, derrière son mouchoir, devant un auditoire que l’on jugea, à juste raison, « dés-hameçonné ».

—Quelle mouche le pique ? fit semblant de s’indigner, Didier, alias tonton Bourdon, pour détendre l’atmosphère. En réalité, il jubilait comme une reine d’Angleterre.

—T’es dengue ou quoi ? s’exclama le patriarche qui faillit s’étrangler avec son verre de vin, qu’il trouva aigre.

—Oh mais étron à la fin ! s’écria Madame Mouche qui ne disait jamais un gros mot plus haut que l’autre.

On ne sut jamais ce qui fit le plus mouche dans la tablée, le phrasé, ou sa portée.

—Enfin, mouchérie, calme-toi, ça va bien se passer. Tu sais comment est ton fils… glissa le patriarche en mimant quelqu’un qui aurait une araignée au plafond.

—C’est aussi le tien ! Didier, merci merci merci, il a fallu que je traverse le tout Paris, pour que je comprenne enfin qui je suis ! J’en ai excrémement assez de servir sa Majesté !

—Sa majesté ! Bah ! Mais enfin, tu délires mouchérie…

— Oh non ! Marre de me toiler la vase ! Je me tue-mouche à la tâche depuis notre mariage, et mouche-ceci et mouche-cela et tout ça pour quoi ? Pour un pointeur du doigt et pour… un enculeur de mouches ?

—De père en fils, je te prie !

—Bzz Bzz ! Ras le bol ! Je reprends mon envol !

Et Madame Mouche s’était envolée, du moins, elle s’était levée, avait jeté la serviette à carreaux rose – devant les yeux exorbités du serveur qui adorait ces serviettes – avait regardé, pour la dernière fois, ce fils ingrat et Brundle, bien gras.

Ce fils et Brundle, qui n’avaient pas su quoi faire, et qui finalement se diraient que de l’étron, du bateau-mouche, de la Tour Eiffel, cet épisode serait le plus marquant de leur virée parisienne, et Didier, alias tonton Bourdon avait ajouté, parce qu’il avait toujours aimé les ragots et les calembours « Hum, encore une preuve qu’on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre ».

Brundle avait ri jaune, devant son verre de vin…aigre.

Alors, qu’en pensez-vous de ma version des Mouches ? Pour me lire et me suivre, c’est là !

Crédit Photo : Pixabay.

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Le chant des coquecigrues (Agenda ironique mai 2022)

Bonsoir, bonsoir ! Oui, je sais, ça fait une sacrée lurette que je n’ai pas posté ici. Et comme le délai pour l’Agenda Ironique de mai est le 25 (gloups), je vous livre ce soir, dans la précipitation, mon tout dernier texte inspiré par les consignes de Photonanie, chez qui l’Agenda se tient ce mois-ci ! Il fallait inventer une courte histoire, de préférence dans un pays froid (comme hum… l’Islande), avec des mots rigolos comme ailurophile / coquecigrue / syllogomanie et le tout sous forme d’anadiplose (d’anadi… quoi ? ). Dans le jargon académique, faut (en gros) débuter le début de la phrase par le dernier mot de la précédente. Bref, si vous n’avez rien compris, lisez, ce sera plus clair ! Je vous embarque donc en Islande dans une histoire fictivement fictive où les coquecigrues ne sont plus que des poulets… islandais 🙂 ! Bonne lecture, n’oubliez pas, mes textes sont offerts généreusement en bois brut sur la toile, mais vous pouvez toujours les trouver en version papier par ici (parfait les semaines où je suis peu présente sur le net, je dis ça…)!

Igor Björgen avait toujours vécu dans sa ville natale.

Natalement, il venait d’une petite bourgade reculée du nord de l’Islande.
L’Islande, pays rêvé par les touristes en mal d’exotisme et en soif d’aventures.

Des aventures que les « courageux » en sac-à-dos acceptaient de vivre une semaine, voire, pour les plus téméraires (financièrement), tout un mois.

Moi, ça me fait bien rire, pensait Igor.

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Ras le sol !

Youpi les vacances ! (Oui, c’est désastreux de ne jamais arriver à écrire que pendant ces temps bénis où les journées s’étirent sous le soleil la pluie). Je prends enfin un peu de temps pour revenir ici lire mes camarades et pondre quelques nouvelles. J’espère à l’avenir réussir à être aussi régulière que dans le passé, mais en attendant, vous pouvez retrouver mes chroniques littéraires sur Insta ou mes textes ultra courts directement sur ma page FB (liens sur la barre latérale droite) ou là. Et mes ouvrages dont Breaking News (merci à tous ceux qui ont posté un avis dessus🧡🧡💜 ) sont toujours en vente dans toutes les librairies si la lecture sur écran n’est pas votre cup of tea et que la fête de Pâques vous incite à faire une bonne action ! Pour l’heure, voici ma contribution à l’atelier en ligne proposé encore et toujours par Pascal Perrat dont les consignes ne déçoivent jamais. Voici la mission confiée en ce jour : Une moquette se chamaille avec un parquet à propos du droit des sols, imaginer leur dialogue. Et voilà ce que ça a donné, belle lecture à vous !

Une moquette se chamaille avec un parquet à propos du droit des sols.

— Non mais oh dites donc, pour qui vous prenez-vous pour vous parquer ainsi sur mon territoire ? s’insurge Dame Moquette.

— Comment ça, sur votre territoire ? s’exclame Père Parquet.

— Exactement ! Mon territoire ! De l’évier de la cuisine au bidet de la baignoire !

— Votre cher propriétaire ne vous a rien dit ? La moquette, c’est has been depuis belle lurette !

— Mais vous êtes revêtement fou ? Je réchauffe les pieds et les cœurs depuis des centaines d’années moi ! Et ce n’est pas parce que je ne parle pas anglais que je suis démodée ! se vexe Dame Moquette, qui aurait rêvé être aussi polyglotte que polyester.

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Rencontre de troisième génération

Bonsoir ! Dernier texte en date avec une nouvelle inspirée par le blog de Pascal Perrat dont je ne me passe (et lasse) plus ! La consigne était la suivante, compléter cet incipit : Encore une maison de pauvres ! Aucun bijou, pas d’espèces planquées quelque part ! Rien ! Il s’empressa de déguerpir. Près de la porte, sur une encoignure, une canne avec un pommeau en tête de chien. Il s’en empara. S’il avait su… Si j’avais su pour ma part que ça allait m’inspirer tellement de lignes que je n’ai pas osé poster ma courte nouvelle sur le blog en question. Comme il est tard, je vous laisse le découvrir sans plus attendre, demain il y a école ! Bonne lecture, et comme toujours, partagez, commentez, participez, bref communiez avec l’écriture :=) !

Encore une maison de pauvres ! Aucun bijou, pas d’espèces planquées quelque part ! Rien ! Il s’empressa de déguerpir. Près de la porte, sur une encoignure, une canne avec un pommeau en tête de chien. Il s’en empara. S’il avait su…

Deux molosses atterrirent aussitôt devant lui, un air pas vraiment « toutou friendly ». Ransen Pulin frémit. Se pourrait-il qu’il vécût-là ses dernières heures ? Comment les colosses avaient-ils pu se poser ainsi devant lui comme deux campanules ? Ça le rendait incrédule. Il regarda la canne qu’il tenait à la main. Et si, sur le pommeau, avait été représentée une tête de chat ? Aurait-il à la place deux chatons trop mignons comme ceux qu’il suivait sur TikTak ? Il n’eut pas le temps de réfléchir. L’un des molosses, (il découvrirait qu’il s’appelait Milou), se mit à grogner plus fort. C’était si bête, finir en morceaux, ou plutôt en croquettes, pour une canne tout droit sortie d’un décor de guinguette… Il voulut la reposer. Le deuxième chien, (qui se prénommait Tintin, comme il l’apprendrait par la suite), se mit à aboyer.

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Apprentie en herbe #14 ou le syndrome de l’imposteur

Bonsoir bonsoir, un article que je voulais sortir depuis longtemps, et quand j’ai vu ce matin la publication de Léa Herbreteau, une auteure que j’aime suivre (dans le sens non psychopathe du terme s’entend), je me suis dit que le hasard faisait tellement bien les choses que c’était le bon moment de sortir un nouveau numéro de mon Apprentie en herbe ! Pas de spoiler, pas de teaser ou autre terme anglais qui ferait frémir les curistes et les puristes, qu’est-ce donc ce que ce syndrome de l’imposteur (impostrice ? imposteuse ? imposteure ? Aucun féminin … intéressant !).

Pour faire simple, et ne pas verser dans la philosophie de comptoir avec Bébert aux manettes (passons sur le cliché, là n’est pas la question), le syndrome de l’imposteur en écriture, c’est le fait de ne jamais se sentir légitime, de ne pas penser que son « art » finalement vaille la peine qu’on s’y intéresse, encore moins qu’on s’y attarde (voyez, les guillemets autour du mot « art », typiquement c’est ça).

Voilà, fin de l’article. C’est ce qu’on appelle clarté et concision. 🙂

Apprentie en herbe

Just (un)married (et juste merci !)

Bonsoir ! Je viens de réaliser que cela fait déjà 3 ans que ce blog est né ! 3 ans ! Il peut s’en passer des choses en ce laps de temps ! Alors, à toi, cher.ère lecteurice, qui me suis depuis peu ou le début, que tu restes silencieux dans tes commentaires, ou consciencieux dans tes critiques, je te dis MERCI ! Parce que de l’autre côté de l’écran, cela fait toujours plaisir de savoir que mes petits textes, qui partent dans leur bouteille informatique, trouvent un bord de mer sur lequel se poser en quelques clics 🙂 ! Aujourd’hui, voici 2 textes un peu loufoques écrits pour l’atelier Les mots (défi de février terminé jusqu’au bout oh yeah 🙂 ) et toujours pour l’atelier de Pascal Perrat que j’aime énormément. Sans plus de fariboles, bonne lecture, merci de ces belles rencontres et ces jolis échanges autour de l’écriture et me suivre toujours plus nombreux et nombreuses ! Je crois qu’en ces temps complexes, nous devons d’autant plus rire… et nous unir !

Consigne 1 (Pascal Perrat) Poursuivre ce début de texte

C’était au siècle des joliesses, du mouvement plastique. La beauté avait force de loi. Tout individu devait avoir un corps parfait : mince, bronzé, musclé, élancé. Zéro défaut. Mais…

Pour Desdémone, c’était compliqué. À l’heure où le contenu de votre CV intéressait moins que l’amplitude de votre bonnet, elle peinait à trouver un emploi de qualité, et qualifié. Pourtant, après 18 ans d’études (après le BAC s’entend), 2 masters et 1 doctorat, elle se retrouvait toujours, comme qu’on dirait, au chomdu parce que notre pauvre Desdémone, était, comme qu’on dirait, moche, ou mochedu.

C’est pas faute de ses parents — paix à leurs âmes — qui avaient pourtant mis dès le berceau, toutes les chances autour du landau. Sa mère, enceinte jusqu’au cou, faisait des bains aux girofles et à leurs clous ; son père, présent jusqu’au bout, faisait des pains aux girolles et au cabécou. Ils avaient goûté à toutes les croyances qui apporteraient, grâce, calme et beauté à leur futur bébé, ils l’avaient appelée Desdémone, Desdé dans l’intimité, parce que Désirée, ça faisait un peu trop, un peu trop désespéré.

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Du saumon et des poumons

Bonsoir à vous, vacances ne rimant pas avec luxe, calme et oisiveté, je profite de ce repos – n’en déplaise aux clichés ! – bien mérité pour faire couler de l’encre sur mon papier et faire avancer mes projets. Je vous en parle prochainement dans un Apprentie en herbe… Pour garder un rythme d’écriture quasi journalier, je continue donc le défi à distance proposé par l’école LES MOTS avec chaque jour une consigne courte une plus longue le vendredi et j’y ajoute des défis d’écriture trouvés ici et là sur la toile. Après l’Agenda Ironique qu’on ne présente plus, je me suis intéressée à celui proposé chez entre2lettres par Pascal Perrat. Voici donc 2 très courts textes pour le prix d’un ! Consigne du premier, chez entre2lettres, commencer par « C’est au cours d’un repas de famille qu’il eut une révélation. Aucun membre n’avait comme lui des yeux de merlan frit, mais tous avaient quelque chose de poissonneux. Le tonton, par exemple, c’était son air saumon » et continuer comme cela nous chante. Consigne du second, proposée par David Thomas : prendre une photo avec un personnage, décrire et imaginer qui est ce personnage, et ce qui vient de lui arriver, là aussi comme ça nous chantonne. Voilà, je vous laisse découvrir ce qui est sorti de mes deux premières fois dans ces deux ateliers respectifs ! 2 histoires, 2 ambiances… N’hésitez pas à laisser un commentaire, (et aller faire un tour sur les 2 sites) !

Consigne number one

C’est au cours d’un repas de famille qu’il eut une révélation.

Aucun membre n’avait comme lui des yeux de merlan frit, mais tous avaient quelque chose de poissonneux.

Le tonton Amédée, par exemple, c’était son air saumon. Les jumeaux, les fils de la sœur du tonton, bref, pour faire simple, les neveux d’Amédée, l’appelaient à raison et en secret tonton Apéricube (on a la (pisci)culture qu’on peut).

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Jugera bien qui jugera le dernier

Bonsoir à tous, me voilà de retour ! Le mois de février est là, plein de ses promesses du printemps à venir (il n’est jamais trop tôt pour s’y préparer) et de l’inspiration littéraire ! Car, oui, pour l’instant, (et pourvu que ça dure), je tiens mes engagements au niveau de l’écriture, et relève le défi proposé par l’école « Les Mots » (plein d’ateliers sympas proposés en visio ou en live) qui est d’écrire 1 000 signes par jour, avec une consigne différente qui tombe le matin avec le café (ou le thé). Du coup, voici un texte qui n’a aucun rapport avec les travaux proposés mais qui a coulé de cette après-midi ensoleillée… Je vous laisse le découvrir sans plus de détour, vivons d’humour et d’eau fraîche ! N’hésitez pas à partager, liker et surtout de ce monde, vous moquer…

Le docteur Poinbarre était sans fard. Les ordres étaient des ordres, le chaos le désordre. Le docteur Poinbarre, il faut le dire, avait l’art de la rembarre, le venin dans le dard, bref en un mot, avec le docteur Poinbarre, halte aux blagues Carambar.

Quand on venait pour se faire ausculter, un beau tailleur il vous sculptait. Quand on venait se faire diagnostiquer, votre bon sens il astiquait. Quand on voulait un simple papier, un mauvais quart d’heure vous passiez. Les assurances maladie l’adoraient, l’adulaient, devant lui ondulaient.

Car quiconque allait au cabinet du docteur Poinbarre finissait à poils, sans un sou dans le falzar !

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Les trois corbeaux

Bonsoir ! Je reviens ce soir avec un nouveau texte écrit sans contrainte aucune, ni sujet imposé. D’où m’est venue l’idée ? Je ne sais, en tout cas, je vous le livre ici sans plus de blabla, car il est un peu plus long et que demain c’est lundi 🙂 ! Je vous invite, si vous ne l’avez pas encore lu, à découvrir le texte proposé pour l’Agenda ironique que vous pouvez retrouver ici parmi les autres courts écrits très inventifs ! Pour le reste, mon recueil est toujours en vente, dans toutes les librairies entre Houellebecq et le dernier Goncourt (ah non ?) et n’hésitez pas, comme toujours à laisser un signe de votre passage par un coucou ou un commentaire :). Belle lecture, Sabrina.

Dans un village de peu d’habitants où les naissances frôlaient le néant, l’on pouvait lire sur les visages le désespoir et le tourment : le hameau se mourait, son âme se morcelant toujours plus à chaque nouvel enterrement.  

Car, même si les vieux veillaient à ne pas crever, les plus jeunes eux, s’entêtaient et s’entraînaient à procréer, sans aucun succès.

Les rumeurs les plus folles couraient dans les maisonnées désavouées. Une seule cependant persistait… la malédiction d’amour, celle qui empêchait d’enfanter et avortait tout fœtus même pas encore créé !

Pour parfaire l’affaire, il fallut aux habitants bouc émissaire, et les boucs ne faisant guère légion dans la région, le choix s’était porté sur les corbeaux… Voyons, ces êtres noirs ne pouvaient abriter dans leur esprit que des desseins aussi sombres que leur plumage… Et puis, ils n’étaient jamais loin, comme prêts à se vautrer sur les cadavres, tels de véritables vautours…

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Télé-crochet (Agenda ironique janvier)

Bonsoir à vous ! Un peu plus d’écriture en ce moment car je respecte mon propre adage « pour écrire plus, il faut écrire tout court ». Alors, cette fois-ci, je me suis fixé un nouveau défi auquel je n’avais pas participé depuis longtemps avec des contraintes de consigne et de temps ! Parfait pour me donner un petit coup de pied au biiip ! C’est mais bien sûr l’Agenda ironique ! En ce mois de janvier, il est hébergé chez Lyssamara. Il s’agissait de commencer par « tandis que les autres demeuraient silencieux, il se mit à aller et venir, fouillant dans tous les tiroirs », incorporer les mots étendre / galet / ange / sicaire / céphéide / se revancher / revif et glisser « je m’attache très facilement ». Si vous voulez participer, je vous invite à tout lire du fonctionnement ici. Voici ma contribution, je ne sais pas si tout y est, mais en tout cas, je me suis bien amusée 😉 ! Bonne lecture !

Tandis que les autres demeuraient silencieux, il se mit à aller et venir, fouillant dans tous les tiroirs.

— Mais enfin, où est-elle passée ?

— Mhm… quoi donc mon ange ? marmotta Céphéide, exécutant un énième ouvrage au crochet, maîtrisant autant l’art de la causette que celui de la chaînette.

— Eh bien ! Ma vertu ! s’exclama Sicaire, sidéré et excédé devant l’évidente absence de celle-ci et l’ignorance de celle-là.

— Oh, la dernière fois que je l’ai aperçue, il m’a semblé la voir dans les chaussettes, suggéra Céphéide, habituée aux humeurs de son compagnon, ainsi qu’à ses oublis vertueux, tel un cercle se répétant à l’infini.

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Bataille royale

Bonsoir bonsoir ! Enfin un peu le temps de gratouiller et griffonner sur mon carnet en ce début d’année déjà chargé. J’espère que les fêtes ont été douces et joyeuses malgré… malgré tout ! Dans ma liste de résolutions qui ne tiendront pas plus de deux semaines comme celle de faire plus de promo pour mes livres, j’ai décidé d’accorder toute sa place à ce qui me permet de souffler dans un tourbillon de vie bien intense, et qui me permet de rire (même jaune) dans cette époque sacrément brouillon. Comme mon texte est plutôt long, je le dévoile sans plus d’ambages, de toute façon, tout part à vau-l’eau !! N’hésite pas à commenter, avec bienveillance, recul et humour, comme toujours, les abeilles préfèrent la légèreté de l’air à la grossièreté du terre-à-terre car étonnamment dans le monde des abeilles, tout n’est pas noir ou jaune ! Bonne lecture !

Depuis deux saisons, la ruche était en ébullition.

Dans cette Grande Ruche en effet, une pandémonie venue des frelons asiatiques sévissait : toutes les abeilles les plus fragiles, notamment celle qui faisaient du dia-bête, tombaient comme des mouches, un comble pour des abeilles, vous en conviendrez.

Mercuria, La Reine-Mère, avait dû réunir en ces temps de crise ses abeilles conseillères dans sa cellule royale. Les ouvrières avaient été mises à l’arrêt, les œufs et les larves sous couvain forcé.

« Trêve de mutinerie ! Grève de « butineries » avait déclaré Mercuria.

 Ainsi le miel avait cessé, la ruche s’était tue pour éviter qu’elle ne s’éteigne.

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(Mauvais) esprit de Noël

Bonjour, ce sont les vacances (encore ??!!), je t’assure qu’elles sont bienvenues. Aujourd’hui, je reviens avec un texte créé dans le cadre d’un défi de 30 jours proposé par le blog de Kea Ring autour de la thématique de Noël. C’est une idée très chouette et sympa (il reste encore des jours si tu veux y participer) et comme d’habitude, je suis toujours très emballée (comme un cadeau hihi) mais je me retrouve toujours à la traîn(eau) faute de temps ! Alors, voici ma contribution au défi 4 ou 5 (LOL) où il fallait écrire un texte libre en insérant les mots : houx – philosophefolkloresaison proverbeurgent – carotte. Dis-moi en commentaire ce que tu en penses, et n’oublie pas, si tu ne sais pas quoi offrir à Noël et que tu as envie de soutenir une auteurice en mal de reconnaissance (de blé), mon recueil est toujours en vente partout et ici ! Si tu n’es pas convaincu par ma pauvre harangue, voici un commentaire d’un inconnu sur Babelio (s’il se reconnait ici, qu’il parle ou se taise à jamais) qui t’aidera peut-être à franchir le cap ! Belle lecture quand même et joyeux Noël !

Pierrot Rabbit détestait  Noël. Il avait cette saison en horreur : folklore de faux décors, festival de guirlandes, films à la gui-violette, pulls kitsch et Pères Noëls au kirsch. Très peu pour lui ! À peine le calendrier de l’avent ouvrait sa première fenêtre, qu’il fermait la sienne ! Il enfonçait sa mauvaise humeur derrière ses volets qu’il ne rouvrait qu’au premier janvier, lorsque les sols commençaient à geler et les saoulards à désaouler. Dans son jardin, poussaient à cette période, comme des « Amanites Tue-Louches », des panneaux aux messages on ne peut plus clair : « Houx-ste ! » « C’est le lutin final ! » « Pas de Oh oh oh ici, je ne Ah ah ah pas ! ».

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Psychiatre Delarue

C’est mercrediiii ! Et en bonne professeureuuuh, j’ai mon après-midi ! Du coup, j’ai pu retaper et retravailler un chouya un texte écrit dimanche, jour du tofu en sauce, inspiré d’un exercice de théâtre… Comme il est tard et que j’ai des millions de projets sous le coude (comme celui de finir mon Nanowrimo en 1 semaine… SPOILER… je n’y arriverai point), je te laisse en bonne compagnie de ma psychiatre, et t’attends en commentaire (n’oublie pas, si tu ne sais pas comment occuper ces heures affreuses de novembre, mon livre est toujours en vente ici ou dans toutes les librairies) ! Belle lecture et belle soirée à toi. Comme toujours, bienveillance, 2nd degré et tutti frutti…

— Entrez M. Bertrand.. Qu’est-ce qui vous emmène, marmotta Mme Delarue, la psychiatre, les yeux rivés sur son bureau jonché de papiers.

— Docteuse…

— Docteure, reprit-elle machinalement. Où avait-elle fichu sa liste de courses ?

Doctoreuh, je ne sais plus quoi faire… je crois que j’ai développé une… une addiction…

— Ah la voici ! répondit la psychiatre. Est-ce qu’elle avait bien noté le dentifrice menthe poivrée?  

— Comm… comment ? C’est que c’est une addiction plutôt gênante…

Sans doute moins que celle de son patient précédent, qui adorait tremper dans les bocaux à cornichons son propre… condiment.

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La tête de veau (atelier L’Inventoire)

Bonsoir bonsoir, boostée par la Nanowrimo (je t’en parlais ici) et par les ateliers de l’Inventoire (j’avais déjà publié pour l’occasion ceci), me revoilà avec un texte écrit sur un coup de tête… de veau ! Bon, je ne sais pas si je rentre dans les clous (consigne par là) mais en même temps, je ne vise ni le Renaudot, ni le Nanowrimo ! Bah, oui, gare aux clichés, mais une fonctionnaire qui veut fonctionner un minimum a pas mal de pain sur la planche ! Alors, je te laisse avec ce texte un peu brut de pomme car mon défi de novembre est toujours en cours, ainsi que ma longue liste de cases à cocher pour faire mon autopromotion pour Breaking News et clamer haut et fort au génie (AU GENIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIE !). Bref, il me reste la moitié du mois, et encore 40 000 mots à écrire. Si tu me cherches après la classe, je suis dans une grotte, après la raclette à gauche. Bonne lecture à toi.

— Tu prendras bien un peu de tête de veau ?

Cela venait de ma gauche, de ma tante, Laurette, une femme aussi gentille que replète. 

— C’est-à-dire que… je suis végétarien.

Toutes les fourchettes se sont arrêtées de fourchetter. Un silence s’est installé autour de la tablée. Était-ce du lard ou du cochon ? Enfin du tofu ou du seitan ? Dans cette famille de bouchers de génération en génération, le malaise était grand et n’avait pas l’air de vouloir déguerpir.

— Ah, ce Lucas, toujours le mot pour rire ! Prends donc de la tête, avec le plein de sauce ! a répliqué ma mère, prenant le plat à pleines mains, priant pour que 1 mon père n’ait pas entendu cette phrase incongrue et pour que 2, ladite phrase incongrue le reste.

— Non merci. Je ne mange plus de viande.

Les yeux se sont faits plus ronds autour de moi. Dans ceux de ma mère, j’y ai vu du trouble. Ceux de mon père eux, se sont jetés sur le gras double.

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