Bonsoir bonjour ! Enfin, je reviens sur la toile ! Plus d’un mois et demi sans avoir posté de textes ici-bas. Les dernières semaines sont passées à une allure (fo)folle. Ne croyez pas que je vous ai oubliés, ne croyez pas non plus que j’ai chômé ! Côté écriture, je continue à publier des textes très courts et très bruts sur ma page FB et à embêter mon chat littéraire sur Instagram pour chroniquer les livres que je lis (quand je ne fais pas mille autres choses !). Je poursuis aussi mon long et dur chemin de diffusion de mes travaux publiés, j’ai la chance d’avoir des camarades fort sympas qui s’assurent de poster un avis plutôt chouette (merciiiii) d’en parler autour d’eux et même de les exposer dans leur boutique (merciiiii bis) mais ça reste une partie de non-plaisir ;). Sans plus attendre, car ça fait déjà des semaines, voici une nouvelle histoire courte, inspirée par la consigne de Pascal Perrat, où il fallait compléter ceci : Aimé Bonhom, dit le bienveillant, pouvait s’enorgueillir. Quand il croisait une personne, elle le félicitait pour ses bonnes actions : « Vous êtes un Gandhi, un père Thérèsa, etc. » Mais, ce qui est dit en face, n’est pas ce qui se dit dans le dos. Dubitatif, il s’équipa d’un sonotone dorsal collé entre les omoplates. Il ne comptait pas si bien entendre ! Voici ce que cela m’a inspiré. Bonne lecture à vous.

— Ma foi, que vous êtes bon, vous êtes un Resto du cœur à vous tout seul ! s’était perdu en effusions un quinquagénaire sur son chemin.

Aimé Bonhom, qui savourait habituellement chacune de ces interactions, reçut dans le dos, comme un gros coup de « poing »… d’exclamation.

« Enfoiré va ! » avait en effet révélé sa nouvelle technologie dorsale, une fois le quinquagénaire dépassé.

Notre cher Aimé Bonhom, qui avait le cœur pur, blâma tout de suite son oreille, un peu dure. Il décida de retenter l’aventure et se posta près d’une devanture. Il ne manqua pas de réaliser, comme à son habitude, une bonne action qu’une adolescente maigrichonne aussitôt remarqua.

— Ci-mer, vous êtes trop un beaugosse.

Commençant à rosir comme une flûte de kir —après tout, si on le félicitait souvent pour ses actes quasi bibliques, on le complimentait bien moins sur son physique— Aimé Bonhom s’arrêta tout de go, quand il entendit ladite adolescente, grogner dans le même argot « Quel bolosse ». Il redevint blanc et sec, comme un verre d’Entre-Deux-Mers.

Entre deux chaises, son céans se trouvait maintenant ! Voyons, ce ne pouvait être…  C’était un peu fort, l’être humain… tout de même… ne pouvait être aussi retors…

Notre Aimé Bonhom se saisit aussitôt de son sonotone dorsal. Oui. Il devait avoir mal réglé l’appareil. Il était plutôt pressé ce matin, et il n’avait pas pris le temps de bien lire la notice. Elle était en japonais ou bien en javanais, de toute manière, il n’avait jamais été bon en langues, il avait fait arracher de nombreux cheveux à ses professeurs, qui étaient sans doute morts depuis, ou devenus chauves, ce qui était presque synonyme pour lui qui possédait une longue chevelure chevaline.

Et puis, il n’y avait qu’un seul bouton, limitant ainsi le nombre de possibles actions. Il appuya sur OFF et réactiva ON. Voilà. Voilà qui était mieux, si seulement parfois, il se montrait plus sérieux. Il reprit la route, un peu plus joyeux, ah voilà un couple, un de ces couples grâcieux qui promènent un beagle bigleux. Parfait pour tester le bon fonctionnement du sonotone, il réalisa une nouvelle bonne action, presque mormone.

— Vous êtes un vrai Bruno Bardot ! On n’en rencontre plus des comme vous ! s’extasia le couple, en chœur.

Aimé Bonhom repartit le sourire aux lèvres, que c’était doux, que c’était agréable d’être l’ami des bêtes, du chien comme du lièvre…

« Un vrai Barjot ouais » s’était esclaffé le couple, en chœur toujours.

Aimé Bonhom ne souriait plus du tout. Il se mit à courir dans tous les sens et à distribuer les bonnes actions comme un facteur chevronné le courrier. Il aida un garçon aux chaussures cloutées à traverser un passage tout aussi clouté, il donna des pièces à une fille qui ressemblait à sa nièce, il chanta des louanges à un bébé dans ses langes, il reconduisit même un furet dans une forêt. Aux « mille mercis », « comme c’est gentil », « Dieu est votre ami », il n’entendait plus que les horreurs dorsales qui lui vrillaient les oreilles et lui glaçaient les orteils : « tête d’abruti » « gros ahuri » « va t’acheter des amis ».

C’en fut trop pour notre cher Aimé Bonhom. Un jour qu’il avait aidé un pépé à descendre d’un escabeau et qu’il s’était fait traiter de collabo, il perdit les pédales, et sa foi en l’Homme. Il bazarda son sonotone dorsal, se coupa sa tignasse de cheval et entra dans un monastère pour y faire une retraite Vipassana, une retraite du silence dont il ne partit plus jamais.

Loin de l’humanité, et de la télé, Aimé Bonhom ne vit hélas jamais le reportage sur le scandale des sonotones dorsaux qui avaient essuyé de nombreuses plaintes pour dysfonctionnement, et qui avaient été retirés très vite de la vente.

Les constructeurs, japonais ou javanais, les journalistes ne savaient guère trop, s’étaient excusés auprès du public, pour notamment tous les « bugs » linguistiques, dus à un mauvais réglage informatique…

Aurait-ce été d’un quelconque réconfort pour notre Aimé Bonhom ? L’histoire ne nous le dit guère, pas plus qu’elle ne nous affirme s’il est encore bon de croire aux hommes.

Alors, qu’en pensez-vous ? N’hésitez pas à commenter et à vous abonner pour en lire plus !

Crédit Image par Alexas_Fotos de Pixabay

3 commentaires

  1. J’aime ton style plein d’humour. J’ai trouvé le passage sur la flûte de kir et le blanc sec Entre deux mers particulièrement bien ficelée. Finir en Vipassana, c’est drôle , fallait y penser.

    Aimé par 1 personne

    1. Hi hi, merci beaucoup ! Je m’en vais lire tous les textes sur la plateforme car j’ai eu beaucoup de mal à trouver du temps pour écrire et lire les blogs récemment ! Merci pour ton soutien indéfectible ! Belle journée à toi !

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