C’est mercrediiii ! Et en bonne professeureuuuh, j’ai mon après-midi ! Du coup, j’ai pu retaper et retravailler un chouya un texte écrit dimanche, jour du tofu en sauce, inspiré d’un exercice de théâtre… Comme il est tard et que j’ai des millions de projets sous le coude (comme celui de finir mon Nanowrimo en 1 semaine… SPOILER… je n’y arriverai point), je te laisse en bonne compagnie de ma psychiatre, et t’attends en commentaire (n’oublie pas, si tu ne sais pas comment occuper ces heures affreuses de novembre, mon livre est toujours en vente ici ou dans toutes les librairies) ! Belle lecture et belle soirée à toi. Comme toujours, bienveillance, 2nd degré et tutti frutti…

— Entrez M. Bertrand.. Qu’est-ce qui vous emmène, marmotta Mme Delarue, la psychiatre, les yeux rivés sur son bureau jonché de papiers.

— Docteuse…

— Docteure, reprit-elle machinalement. Où avait-elle fichu sa liste de courses ?

Doctoreuh, je ne sais plus quoi faire… je crois que j’ai développé une… une addiction…

— Ah la voici ! répondit la psychiatre. Est-ce qu’elle avait bien noté le dentifrice menthe poivrée?  

— Comm… comment ? C’est que c’est une addiction plutôt gênante…

Sans doute moins que celle de son patient précédent, qui adorait tremper dans les bocaux à cornichons son propre… condiment.

— Allez-y toujours fit-elle avant de reprendre d’un ton guère plus chaleureux, poursuivez. Mazette, elle avait écrit deux fois concombre sur sa liste.

— Je suis… addict au… au plastique… lâcha M. Bertrand dans un souffle, les yeux rivés au sol.

— Fantastique, répliqua Mme Delarue en constatant que son nouveau stylo-bille à encre effaçable faisait des miracles.

— C’est… fan..tastique ? répéta avec une certaine confusion le patient.

— Non, évidemment, je galvaude quelque peu. Continuez, demanda la psychiatre. Enfin un stylo-bille qui en valait la peine ! Aller jusque sur la lune et pas être foutu de créer un stylo digne de ce nom !

— C’est que… dès que je vois du plastique, je peux pas m’empêcher de le toucher, de le triturer, de le tripoter !

— Pas chic, lança Mme Delarue en remarquant que sur sa liste de courses initiale, son mari avait ajouté au crayon à papier « vaseline ». Le mufle.

— C’est le moins qu’on puisse dire ! J’vous parle même pas du fric que je claque ! Là, votre stylo, c’est du plastique, n’est-ce pas ? Combien vous m’en donnez ?

— Allons, allons, recentrez-vous M. Bernard, on est en thérapie ici, pas à la foire aux tapis, coupa la psychiatre. Manquerait plus que ça, un tout nouveau stylo-bille. Le seul cadeau potable de son mari en 40 ans de loyaux services.

Docteureuh ! J’en peux plus ! J’en dors plus ! J’vois du plastique partout ! Les cadeaux pour enfants, du plastique ! Les produits d’hygiène, du plastique ! Les vêtements des mioches, du plastique ! Les chaussures, du plastique ! Les chaises du jardin, du plastique ! Les seins de ma femme, du …

— Plastique ! compléta Mme Delarue, pragmatique. Bien, et si nous essayions de réfléchir à des solutions pour contourner cette… tentation ? Finalement, le patient et son problème de « concombre » ne s’en sortait pas si mal.

— Même les fruits sont sous plastique ! Les betteraves, les brocolis, les tomates !!!!

— Oui, enfin, vous savez ce qu’on dit, tomate, fruit… légume… L’œuf et la poule… Tiens, une douzaine d’œufs ne serait pas de trop. Ça faisait longtemps qu’elle n’avait pas fait de tortilla. En même temps, ça filait des ballonnements à son mari.

— Hein ? s’exclama le patient, dérouté.

— Bon, ce que j’essaie de vous dire, il existe des endroits où la tentation est moins grande, dans des petites structures, dans les coopératives BI-O par exemple, suggéra sans aménité la psychiatre. La vaseline, rayon pharmacie ou huile de coco ?

— Mais j’y suis déjà allé ! Ça change rien, j’me retrouve toujours avec du plastique dans le panier ! Et ch’ais pas si vous avez goûté leurs « faucisses  végétales », mais c’est une véritable CATASTROPHE ALIMENTAIRE, hurla le patient, saisissant violemment le pot de fleurs – en plastique !-  qui se trouvait sur le bureau de la psychiatre.

C’était une amie à elle, architecte d’intérieur, qui lui avait soufflé cette idée, pour doter le cabinet d’une atmosphère plus – selon ses propres termes – Feng shui. La psychiatre, prévoyante, avait opté pour ce cactus en plastique… qui finissait un patient sur deux à un endroit où la vaseline justement n’était pas de trop.  

Docteureuh,  faites quelque chose, en vacances en Bretagne, j’ai éventré une tortue pour récupérer le plastique qu’elle avait dans le bide !!!

Quelle idée d’associer Bretagne au mot vacances… Remarque, le mot « mari » aussi.

— Hum, fallait y penser… Que diriez-vous d’une cure ? proposa Mme Delarue, car on approchait de la fin de la séance, et qu’elle ne voulait pas arriver au magasin trop tard. J’espère qu’ils auront cette maudite moutarde à l’ancienne. Son mari avait la flore intestinale si irritable qu’il s’en trouvait souvent irrité.  

— J’ai déjà tenté !!! J’ai pas tenu trois jours !

Trois jours sans dentifrice, hautement improbable et grandement impensable. Déjà que le sourire de son mari n’avait rien de Colgate.

— J’vous raconte pas dans quel état j’étais ! Je suis entré dans la première supérette venue, j’ai dégommé des centaines d’Apéricubes ! C’est pas facile à dépiauter ces trucs ! À croire qu’ils le font exprès ! Les flics ont dû intervenir, je leur ai envoyé une bouteille de coca à la tronche !

— En plastique je présume, marmonna Mme Delarue, soulignant trois fois le mot dentifrice.

— J’vous en supplie, docteureuh, j’suis sur la paille ! se mit à pleurer à gros sanglots le patient.

— Bien, je vais être honnête avec vous, je ne crois pas pouvoir vous aider grandement. On pourrait bien entendu entamer une psychanalyse et trouver dans votre cursus personnel, votre passif en somme, un moment clé qui aura déclenché cette addiction, la peur de manquer du biberon, une aversion suite à une mauvaise expérience avec un jouet en bois, une mère castratrice qui vous a bassinée avec le septième continent ou que sais-je, mais nous sommes dans l’ère que l’on pourrait aisément appeler l’Homo Plasticus, il faut se rendre à l’évidence, vous ne pouvez pas lutter, c’est foutu ! trancha la psychiatre en poussant son patient vers la porte.

— Mais… mais… bafouilla le patient presque parvenu sur le perron.

— Attendez, j’ai failli oublier ! s’exclama-t-elle en alors que la porte se refermait sur son visage trempé par les larmes.

— Oui ? répondit avec espoir le patient.

— Des mouchoirs ! Faut que j’ajoute des mouchoirs à ma liste ! Son mari en aurait sûrement besoin.

Pour ne rien rater des futures publications, c’est ici !

2 commentaires

  1. Cooki Sabrina,
    Voilà qui fait un écho à mon vaudeville (enfin à 15 jour du point final avec ajustements et corrections, plus qu’à laisser macérer avant édition enfin!). J’ai bien ri, avec les commentaires de cette psychiatre et la chute, un savoureux pied de nez à ce qui se joue hélas bien trop souvent dans ce genre de cabinet. D’ailleurs pourquoi un cabinet? Moi aussi j’en ai un, et je n’ai pas fait 10 d’études ni de psychanalyse pour l’utiliser! 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. Coucou Mijo ! Bravo pour ton accomplissement ! Tu dois être soulagée d’être parvenue au bout de ton projet ! Il me tarde de le découvrir 😉 ! Merci pour ton commentaire qui file le sourire et fait du bien, surtout en ces soirées d’hiver où j’ai peu de temps pour écrire !!! La bise à toi !

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