Me revoilà avec ma nouvelle copine, Miss Régularité. On verra combien de temps on reste amies. Enfin soit ! Je te l’ai dit la semaine dernière (iciiii), j’ai un nouvel environnement qui cultive l’imagination et qui pousse (jeudemotsautourdujardinagebonjour) à l’inspiration. Donc, voici en brut, sans trop de relecture ce qui est sorti pour une des consignes de mon atelier de quartier, une (légère) parodie de conte pour grands enfants ! Il faut croire que la Dordogne, ça vous gagne (gogne ??) ! Bref, bonne lecture, n’hésite pas à commenter, me lancer des fleurs (ou un râteau), me dire si c’est trop perché, même pour un chat lecteur et aventurier. Pour le reste, je t’en parle la semaine prochaine (spoiler, ça sera ptet la semaine d’après). Belle journée à toi et merci d’être passé.e par là ! PS : petite précision, des mots étaient bien entendu imposés dans ce texte sans queue ni tête (de Linotte). Sauras-tu les trouver ?? Re PS : pour les non connoisseurs (comme moi), Pécharmant est une commune et le nom d’un vin apparemment réputé par ici…

Aligote, tête de Linotte, frémit devant son miroir. C’était le jour J. Elle allait sortir. Enfin. Après ces mois enfermée dans sa tour de la résidence du Bosquet Ronflant. Elle appréhendait de mettre un pied dehors. Surtout qu’elle n’avait plus vraiment de chaussures, au fur et à mesure que les années avaient passé, elle en avait débarrassé le plancher, contre des objets plus utilitaires, peut-être même contre des denrées alimentaires. Elle se rabattit sur ce qu’il lui restait, des pantoufles de Vergt, la bourgade voisine. Elle observa ses cheveux qui lui tombaient maintenant à la taille. Les coiffeurs n’avaient pas défilé dans le logement ni effilé nombreux gens. Toute la résidence (7 humains au total) avait adopté le style Bob Marley sans se consulter, et l’on aurait pu croire au Bosquet Ronflant qu’une certaine nostalgie du reggae y régnait. Elle poussa un soupir de dépit. Elle n’avait plus de maquillage sous la main, et rien à se mettre sur les joues pour lui donner un air un peu plus pimpant. Elle ressemblait à un potiron périmé. Elle ramena sa chevelure épaisse en une tresse qu’elle s’attacha avec un fil dentaire qui traînait entre deux morceaux de savonnette cassée, et sèche comme la pierre. Peut-être qu’elle devrait se doucher ? Après tout, elle allait se frotter à d’autres humains. N’était-ce pas ainsi, que toute séduction commençait ? Par ces échanges olfactifs ? Oh, du parfum suffirait ! Zut, pensa Aligote, tête de linotte, je l’ai troqué contre un truc l’année dernière ! Elle se rua dans les toilettes. Le désodorisant était désespérément… vide. Même plus un pschitt dedans. Cela faisait des mois qu’elle devait le jeter au tri. Cela faisait des mois qu’elle s’était dit, après le ménage, après le ménage. Cela faisait des mois qu’elle s’était dit le ménage, le ménage, tout court. Elle se passa de l’eau sous les aisselles, et, avec un élan d’inspiration, elle se mit deux gouttes de dentifrice de part et d’autre. Parfum menthe. Si ça marchait pour les dents, il n’y avait pas de raison… Elle se regarda une dernière fois dans le miroir. Ragaillardie par la sensation de chaleur provoquée par la menthe fraîche sous ses aisselles, elle se trouva moins potiche, moins potimarron. Sa tresse lui donnait un air plus altier, et donnait à sa tenue une allure plus raffinée.

Elle était prête pour le grand soir. Pour la big nuit. Pour le Matari. La discothèque la plus célèbre de la ville qui rouvrait ses portes après mille et une soirées de fermeture. Elle trépignait d’impatience malgré son appréhension. Saurait-elle danser sur la musique ? Saurait-elle se rappeler comment battre la mesure, pour faire battre les cœurs des princes de Pécharmant, le village voisin ? Une escalade d’émotions la submergeait et Aligote, tête de linotte, faillit annuler et rester chez elle. Elle pourrait faire le ménage tiens, au lieu de se pomponner et d’aller parader. Elle regarda les vêtements sales qui s’amoncelaient sur le sol, et les verres qui un jour, avaient étincelé sous la poussière. Rappelle-toi le code, se psalmodia-t-elle pour se donner du courage « Chia, ouvre-toi, Chia ouvre-toi »… Elle prit son sac et machinalement, mit son masque sur le visage. Elle se mit à rire nerveusement. Non, ce soir, et tous les autres soirs, elle n’en aurait plus besoin ! Elle eut envie de pleurer. D’un geste de défi, elle jeta le masque par terre, à côté de ses verres point lustrés depuis belle lurette, et ferma la porte derrière elle. Elle descendit les marches quatre à quatre, l’excitation prenant le pas sur ses craintes.

– Libéréeeeee, délivrée !!! Je ne me masquerai plus jamaiiiiiiiiis !

Puis, patatras. Fin du conte de fées. Alors qu’elle pirouettait sur elle-même, dans ses pantoufles de Vergt, elle se retrouva nez-à-nez avec deux douaniers des gestes barrières.

Aligote, tête de linotte, s’était – hélas !- trompée de date de déconfinement. Les douaniers ne voulurent rien entendre, les deux agents étaient sourds de naissance.

Un jour, mon bailleur viendra, soupira-t-elle, dans sa cellule 404, où elle devrait attendre sagement qu’un des 7 humains du Bosquet Ronflant, vienne la secourir.

Et sans se rendre compte, ses pieds commencèrent à se mouvoir dans ses pantoufles de Vergt, sur une musique qu’elle n’était pas sûre de reconnaitre… Every little thing is gonna be all right…*

*(un petit air de Bobby Marley 🙂 )

Alors, si cette histoire t’a plu et si t’en redemandes, c’est par là qu’on s’abonne et en dessous qu’on commente 🙂 !

Image par Isabel Fernandez de Pixabay

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