C’est dimanche après les fêtes, et tu dois sans doute apprécier le calme et la sérénité de cette matinée sans pétillant sans déballage de cadeaux, sans hurlements cris de joie des petits (et des plus grands) et sans montage de jouets censé ne prendre qu’une petite demi-heure tout seul et qui finit à 5 cerveaux à se gratter la tête pour savoir d’où vient ce boulon restant dans les mains. Cette année, j’ai de quoi lire, de quoi écrire, (de quoi jouer en société) et de quoi entretenir my popotin, bref, aucune excuse pour ne pas reprendre mes habitudes du dimanche ! Après t’avoir parlé de mes maigres avancées dans l’édition, je te propose donc un dialogue un peu absurde, au café du coin, à la suite de la consigne proposée par mon atelier d’écriture du Collectif des Arts à souhaits. Il fallait rédiger un dialogue (jusqu’ici on a bien compris) où l’on détourne 5 expressions idiomatiques pour leur donner un tout autre sens : donner sa langue au chat, avoir la main verte, monter sur ses grands chevaux, raconter des salades, être lessivé. A la Devos quoi. Personnellement, je crois que ce dernier point est loin d’être atteint ici, tout simplement car, si je connais certains sketches du grand monsieur, j’ai plutôt été élevée auprès des Inconnus et je n’ai pas cherché à revoir ses sketches pour ne pas être influencée. Donc, on dira que j’ai fait un dialogue un peu absurde, avec des expressions qui n’ont pas le sens usuel… Tout ça pour dire, Joyeux Noël et bonne lecture ! PS : si ça t’inspire, n’hésite pas à t’amuser autour de cette consigne !

— Voilà qui qu’arrive de frais matin!

— Salut la compagnie !

— ‘Lut Hector !

— Un petit café plus plus, comme d’habitude.

— Et un café amélioré, un. Dis donc, tu tires une drôle de tronche ce matin, j’aimerais pas être ton miroir.

— M’en parle pas, je suis dans un de ces bordels ! Mais un affreux, où y a même pas une nénette pour s’remonter le moral. J’ai plus la main verte.

— Ah la main verte ! Mais tu l’as jamais eue ! Je t’ai jamais connu avec un dollar en poche !

— Non mais là, c’est pas du chiqué.

— Eh dis, j’espère que t’as assez de billets pour m’payer tous tes p’tits cafés hein,  j’ai pas trop fait l’école moi, mais plus et plus, je sais que ça fait toujours plus !

— J’te dis que j’suis dans la panade ! J’sais pas quelle expression que causer pour que ça t’grimpe là-haut ! J’suis dans la merde voilà ! J’ai même dû donner sa langue au chat, tu sais au mec pas net qui rôde derrière le Netto.

— Pas possible ! Mais il en fait quoi des langues de chat, ce type ? Des biscuits ?

— Qu’est-ce que j’en sais ? Ca le regarde, il m’en a filé un bon prix, ça j’peux pas dire le contraire…

— Franchement à ta place, j’aurais pas donné si facilement la langue au chat. Pauv’ minou.

— Boh, il a pas l’air de souffrir de trop le pépère… En tout cas, il miaule moins, ça c’est bien certain que ça a ptet un lien.

— Mouais, c’est quand même moche, si tu me demandes mon avis.

— Ouais, ben justement, j’te le demande pas ton avis. Ressers-moi plutôt un café plus plus. C’est quand même ça que c’est ton métier d’abord que j’sache. T’es pas sur les marchés à te torturer la cervelle pour vendre de la batavia ou de la frisée, t’es pas raconteur de salades hein ! Diable mort, si qu’on peut plus venir dans un bar et parler de ses emmerdes tranquille.

— Mais si mais si Hector, tu sais bien que tu peux causer de tout ici, mais reconnais que t’as souvent des problèmes de fric, et ça c’est pas chic pour toi, mais moi, j’ai aussi la boutique à faire tourner hein… C’est vrai quoi, qu’est-ce qui t’est arrivé à la fin pour que t’en sois rendu à une donner une langue au chat qu’a rien demandé ?

— Je me suis fait lessiver.

— Quoi !? Encore !

— Cette fois-ci, c’est la bonne. Ils m’ont remplacé par une machine.

— Oh merde !

— Tu l’as dit, remets-moi un café triple plus, ça me tord les boyaux rien que d’en reparler.

— Qu’est-ce que tu vas faire ?

— Eh, qu’est-ce que je vais faire ? Tu crois que si je savais, je serais là à faire le couillon au comptoir ?

— Bois un coup, c’est la tournée du patron. C’est ma tournée quoi. Dans quel monde qu’on vit des fois ! J’te dis, on va tous se faire remplacer par des machines ! Ca a déjà commencé ! Machine à laver, machine à coudre, machine à café… Elles sont partout ! Bientôt, ça m’étonnerait pas que c’est une machine qui te parlera à ma place.

— Ouais, ben j’espère qu’elle aura de plus jolis chicots que toi.

— En même temps, c’est pas elle qui t’offrira des cafés gratuits ! Allez, tiens, c’est pour la route, parce que t’as franchement une sale tronche.

— Heureusement que t’es là pour m’remonter le moral toi !

— T’es mon client préféré, tu sais bien.

— Ouais, ch’uis le seul aussi. Bon c’est pas tout, mais je devrais ptet me sauver avant de plus pouvoir monter sur mes chevaux.

— T’as pris lesquels aujourd’hui ?

— Kapeeta et Leesme.

— Ah ouais, les plus grands, t’as raison, faut pas se priver dans ce monde de merde.

— Ça c’est bien vrai. Des machines, j’te dis, on n’est que des machines.

— Rentre chez toi, profite de ta journée. Une journée sans bosser, qu’est-ce que je donnerais pas moi, pour me payer ce luxe !

— Kapeeta, Leesme, au pied !

Deux Yorkshire pénètrent dans le bar.

— C’est tout ce qui m’reste. Promis, j’te paierai tout ce que j’te dois, à l’écu près.

— Je sais Hector, je sais…

— Non, mais c’est vrai cette fois, le gars au Netto y cherche des chiens maintenant. Paraît que c’est encore mieux payé que le chat. Toute façon, pour ce qu’ils en font les chiens, de leur langue, c’est pas comme nous aut’ humains.  

Alors, ce dialogue, tu en penses quoi ? Pour découvrir mes prochains textes, clique ici !

4 commentaires

  1. Salut Sabrina,

    ça fait un moment que je n’étais pas passé sur ton site mais j’en avais très envie !!!

    Drôle de consigne et à la fois terriblement compliquée, tu ne t’en sors pas mal même si tu es border line avec le sujet.
    Manier le style Devos n’est pas chose aisée, j’avais dû me prêter à l’exercice est j’avais adoré ça, un Maître pour moi qui aime tellement les jeux de mots. Mais ma correctrice trouvait mon texte raté… ahahah

    Ici, tu es dans le délire et le statut social de tes protagonistes te confère la possibilité de jouer avec les expressions. Le rythme y est, il y a une histoire (même si rocambolesque) et le cadre est posé. Pour être franc, il m’a manqué le fait de jouer avec le SENS des mots vraiment : tricoter, articuler, désosser et reconstruire différemment…

    Mais on passe un bon moment de lecture et pour cette prouesse déjà ardue en tant que telle, je te te félicite.

    Au plaisir,

    Ben

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour Ben, si heureuse de te voir ici ! En ce moment, c’est la folie de mon côté, alors, je réponds trois mille ans plus tard ! Comme tu dis, j’ai contourné un peu la consigne, parce que je n’ai pas eu le temps de la travailler pleinement, et car pour être honnête, je ne connais pas bien Raymond Devos, et je n’ai pas voulu voir le sketch de référence 🙂 ! Je me rappelle oui avoir lu un de tes textes pour une consigne du type, et tu avais tout de même essayé de faire honneur au maître du bon mot ! Merci pour ton passage, belle journée à toi, au plaisir de te lire ! Sabrina.

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