Bonjour à toi cher lecteur ! J’ai enfin réussi à caser un petit créneau pour écrire un nouveau texte ! Comme je l’ai déjà mentionné, ma rentrée est menée tambour battant avec énormément à apprendre, et pas mal de pression sur les épaules… un début d’année bien chargé donc, où il est difficile de s’atteler à une table pour gratter du papier ! Mais quand j’ai vu passer la proposition de Aleph Ecriture, je n’ai pas pu résister ! Tous les mois, une nouvelle consigne d’écriture sera postée sur la plateforme où tous les passionnés peuvent poster leur texte et échanger autour avec leurs camarades d’écriture ! Certaines nouvelles pourront paraître dans leur revue littéraire l’Inventoire. Et le tout, gratuitement ! Bref, une belle initiative, à laquelle je me suis empressée de répondre. La consigne, inspirée du roman YOGA d’Emmanuel Carrère, est là, mais pour les flemmards, voici le résumé : décrire un moment de fort bouleversement sous forme de « je » (jeu ?) mais terminer sur une note plus positive et lumineuse. En 1500 signes ! Ecrite sur le gong, la voici ce matin !

C’est une histoire banale. Un gars, une fille. Ils s’aiment. Beaucoup. Puis plus. La fille, c’est moi. Le gars, c’est lui. Il est parti. La porte est fermée. Elle a même pas claqué. Il est parti et a refermé derrière lui. Presque sans bruit. Même notre fin est banale. Pas de vase fêlé, pas de vaisselle cassée, pas de verre fracassé. Juste nos cœurs brisés. Il a pris le sien, et un peu du mien.

Et maintenant ?

Et maintenant quoi ?

Passer de deux à un. Passer d’un tout à rien. Du bruit au silence. Remarquer une absence. Regretter la présence. Il a embarqué toutes ses affaires. Je n’ai rien eu à faire. Plus de prise de corps. Pas de prise de tête.

On s’est même pas engueulés pour le chien. Il me le laisse, lui et sa laisse.

Depuis quand ce désamour traîne-t-il ? Pour qu’il s’en aille sans vouloir garder Canaille ?

Canaille ! Qu’est-ce qu’on s’était chiffonnés pour trouver son nom !  

On se chiffonnait à peu près sur tout, de la couleur de la télé à la taille de la salle-à-manger. C’était un jeu entre nous. Jusqu’au jour où on n’a plus joué du tout.

Quand cela a-t-il commencé ? Quand j’ai proposé d’installer un nouveau sofa ? Ou est-ce bien plus vieux que cela ? Quand a-t-il commencé à acquiescer ?

Il y a ce canapé, notre tout premier, il le trouvait délicat, je le trouvais dépassé. On a débattu. Des heures. On s’est roulés dessus. Des heures aussi.

Il y a ces cadres où je rentrais pas toujours dedans, ces livres qu’il devait un jour finir, ces vieux T-shirts à qui je faisais la misère, qui traînent entre le balai et la serpillière, cette tasse ridicule avec des pingouins dessus, ces cintres bousillés qu’il gardait sait-on jamais, ces habits, ces habitudes, ces manies, ces manières, cette lampe, ces assiettes, ces plantes, ces chaussettes, ces histoires, ces voyages, ces espoirs, ce naufrage.

Il y a ce canapé d’où je ne peux m’extirper. Qu’il trouvait délicat, et que je trouve dépassé.

Je sens un petit vent frais parcourir mon échine. Canaille pose ses yeux sur moi, l’œil scrutateur et regarde vers la porte. Elle est restée entrebâillée.

Alors, qu’en penses-tu, de mon premier texte d’atelier en ligne chez Aleph ? Pour lire mes futures publications, abonne-toi !

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6 commentaires

  1. Bon jour Sabrina,
    un très beau texte (comme d’hab) … des liens qui s’étiolent au fil du temps et comme je dis : les torts sont toujours partagés à 50 – 50 …
    Quoi qu’il en soit, l’entrebâillement de la porte d’entrée est ce signe qu’un nouveau chapitre s’ouvre … 🙂
    Max-Louis

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour Max-Louis ! Merci pour ton commentaire et ton retour toujours pertinent… Oui, une porte qui s’entrebâille, une lueur d’espoir peut-être… Belle journée à toi, au plaisir de venir te lire chez toi ! Sabrina

      Aimé par 1 personne

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