Bonjour, jour bon ! Après un premier week-end de vacances fort mouvementé, me revoici pour le rendez-vous du dimanche (bon… ok on est lundi, j’ai pas eu le temps de le finir hier) parce qu’on est presque sur le départ, et qu’après, je ne sais pas bien si j’arriverai à alimenter le blog pendant le roadtrip dans notre douce France (je ne suis pas très douée du téléphone mobile, et du tactile encore moins !). Il flotte un air de vacances sur le blog, et quoi de mieux que de parler lecture ? Aujourd’hui, je reviens avec un nouvel article tout droit sorti de ma Bibli roulante, avec la présentation d’un roman envoyé par les éditions l’Harmattan, une grande première pour moi. Je me penche donc sur le roman de Michel Picard, L’œil était dans l’arbre et regardait de drôles d’oiseaux. La première page offre une citation de Buster Keaton : « Si l’homme descend du singe, il peut aussi y remonter ». On peut dire que ça donne le ton. Allez, foin de fariboles, entrons dans la farandole.

Le pitch, le patch, le résumé en gros

Comment résumer ce roman de 440 pages en moins de 440 caractères ? Tout commence le jour d’après. Un peu comme notre monde d’aujourd’hui, enfin celui d’après, qui ressemble quand même à celui d’avant. Bref. Le pitch est simple. On découvre Adrien, un ado quasi adulte (il va tourner 18 ans comme disent les Anglais) muni d’une lampe frontale dans une grotte, seul… ou presque. À ses pieds, un cadavre prêt à être officieusement offert en offrande aux asticots. De là, on déroule le fil d’une grosse pelote de laine pour remonter aux heures et jours qui ont précédé le drame… et mystère ! Qui qui donc qui se retrouve ainsi saucissonné ? À mesure que l’on tire sur le fil, non pas d’Ariane, mais d’Adrien, on entre dans une famille un brin loufoque, voire carrément foldingue, car… qu’on se le dise, de la mère Blandine, animatrice d’une émission animalière au père Cyril, chirurgien esthétique prolifique, aux enfants Flore et Vincent, (en passant par Diego, Fergus, Gwendal, Noreen) ils ont tous un grain… pour filer la métaphore. Comme sur un divan chez un psy, les langues se délient, les secrets se dévoilent et l’hypocrisie, la supercherie se révèlent au fil des pages.

Mon humble avis de fervente lectrice de la bibliothèque verte

On peut dire que ça pétarade ! Rythme soutenu, phrases percutantes, dialogues tranchants (omni bien présents), il faut rester bien accroché à la carriole. Michel Picard a de l’imagination à revendre et des masques à faire tomber à une cadence effrénée. Véritable condensé de cynisme dans un bestiaire animalier, aucun personnage n’a l’air de pouvoir se raccrocher aux branches, tous ayant, au plus profond de leurs (h)être, le tronc – excuse my French ! – bien pourri. N’ayant pas peur des romans qui ne ménagent pas ses lecteurs, j’ai donc apprécié la créativité débordante de l’auteur (où a-t-il donc été chercher tout ceci ?) et nombre de ses répliques bien piquantes. Cependant, cette qualité peut devenir défaut lorsque l’accumulation de personnages tout aussi excentriques les uns que les autres et de situations très ubuesques nous fait perdre le fil (d’Adrien). J’ai ainsi dû relire plusieurs passages pour me resituer dans l’intrigue (la lecture sur Kindle n’y a pas aidé sans doute) et pour garder en tête les intrications de chaque personnage avec ce fameux passé que l’on dépoussière petit à petit. Ainsi, tel le chevreuil qui ouvre le roman, il faut apprivoiser le style de Michel Picard, très vif et visuel, fortement influencé par son passif dans le milieu du cinéma. En effet, les dialogues sont prégnants tout du long, et l’incipit se lit comme une scène d’ouverture au cinéma. On trouve souvent des italiques décrivant la scène pour mieux nous la visualiser. Bref, prenez du popcorn.

Extraits choisis pour te montrer la bête

« Embusquée derrière un gros arbre, Blandine observait avec intérêt l’arrivée du voisin près de la camionnette, en espérant qu’il chasse cet importun, quand un gendarme, une punaise rouge et noire, vint s’égarer sur sa main droite. Blandine sursauta, poussa un cri de dégoût et, oubliant la protection de tous les êtes vivants qu’elle professait, l’écrasa d’une claque de sa main gauche ».

Dans une végétation luxuriante, l’homme au bonner posait en compagnie d’un homme aux cheveux bruns tombant sur les épaules : Vincent, leur fils et frère. Ils souriaient tous les deux à un perroquet jaune et bleu, perché sur une branche devant eux.

– Quelque chose est écrit derrière, remarqua Adrien.

Blandine retourna la photo et découvrit un texte écrit en rouge sang.

– Help. Donnez money mallette à Diego mon ami. Vite sinon mort. Vincent.

Voilà donc pour mon premier retour de roman envoyé en SP (Service Presse), à moi SP (Sabrina P. hihi), je remercie donc les éditions l’Harmattan pour la folie la confiance qu’ils m’ont accordée, et pour la découverte de ce roman au style détonant, qui m’a fait faire sourire et grincer des dents à la fois… parce qu’au détour de cette chasse à la vérité, il y en a certaines qui ne sont point belles à débusquer… Alors, je sais que c’est l’été, et que sur la plage, on préfère la légèreté et les romans pétillants comme les bulles du Spritz, mais si jamais, c’est directement sur leur site là, ici même ! Pour l’heure, le départ ne saurait tarder, je dois charger mes tongs et ma bibliothèque roulante, j’embarque Kotzwinkle, Bukowski, Kourkov, Davis, Martel, Laurie avec moi, ça promet d’être rock and roll ! Si tu les croises (les livres, pas les auteurs hein !) dans un café, avec une petite annotation, tu sauras de qui ça vient 🙂 !

PS : Le dandy cat n’a pas pu présenter l’ouvrage comme à l’accoutumée. Nous nous excusons pour la gêne occasionnée. Quand je dis que ça sent les vacances… undefined

Et toi, tu lis quoi cet été ? Et si tu lisais mon blog ? Pour tout suivre, sans rien rater, c’est ici, en un clic !

2 commentaires

  1. Bonsoir Sabrina,
    Merci pour ton retour sur ce roman et ton analyse. Tu nous donnes vraiment envie d’y gouter à ce livre ! J’irai voir dans ma librairie de quartier. Je te souhaite de joyeuses vacances durant ce road trip sur nos routes frenchies !
    En te souhaitant une bonne soirée,
    Rodolphe

    Aimé par 1 personne

    1. Ahah merci Rodolphe, je suis ravie que cela te donne envie, tu me diras si tu le trouves, mais attention au rythme effréné du roman qui peut faire perdre la tête au lecteur ! Ça m’a perturbée à de nombreux endroits 😉 ! Belle journée à toi, Sabrina.

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