Bonjour, c’est dimanche, le jour du Tofu rôti, et je me remets derrière le clavier. En ce moment, je suis la tête dans le guidon, sans avoir de vélo, (ce qui est fort) et suis en pleine réécriture de mon recueil de nouvelles après l’avoir soumis en bêta-lecture (je t’en parlais là). Un apprentie en herbe spécial Bêta-Lecture sortira bientôt d’ailleurs ainsi qu’une nouvelle plus littéraire (hésite pas à rattraper ton retard ici). Pour l’heure, nous nous apprêtons à quitter les Alpes pour rentrer au bercail, ce qui signifie ressortir les valises et les cartons et remballer nos affaires, sans oublier le petit gros chaton. Le sujet me semble tout trouvé pour cette sainte journée, voici donc un nouvel extrait de mes anciens carnets de voyage où je replonge dans les souvenirs et te livre un aperçu de ce qui se passe dans la tête d’un futur roadtripeur...

Quand on entame un nouvel apprentissage, et qu’on ne possède ni le génie de Mozart, ni la lumière de Thomas Edison (ni ce talent pour les jeux de mots douteux), on repart à zéro et on apprend petit à petit : de ses anciens d’abord, de ses expériences ensuite, de ses erreurs surtout. Certes, porter une banane en plein centre-ville de Cairns ne pouvait être excusé en 2009 mais pouvait s’expliquer par l’ignorance heureuse et l’enthousiasme juvénile que procurait notre premier départ en road trip en Australie. De mon côté, j’avais osé – comble de la joie béate ! – porter l’infâme chapeau de cow-boy en paille qui informe à trois miles à la ronde que vous êtes une touriste. Par pitié, ne nous jetez pas la pierre, tout le monde n’a pas la prétention de s’appeler Amadeus.

Pour ce premier voyage austral, on avait sorti l’artillerie lourde : on avait comparé tous les Rides du Goûtard ; écumé tous les blogs de globetrotteurs pour savoir ce qui nous attendait du côté des kangourous (à part des kangourous) ; flippé de ce pays qui réunit sur son sol toutes les espèces animales les plus dangereuses (même les émeux ne sont pas tes amis) ; investi dans une belle trousse de pharmacie avec betadine, suppositoires, bandelettes de gaze, la base tutti quantique du voyageur. Ne me demandez pas ce qu’on aurait fait face à un crocodile des mers avec notre crème anti-moustiques ! Sans parler du sac ! Le sac, cette angoisse permanente qui fait perler sur votre front des gouttes de sueur et qui vous hante des semaines avant le départ ! La collection Chaire d’Ampoule, à côté, c’est de la gnognotte !
Et ces questions qui vous taraudent et qui vous minent : Je-prends-ce-short-ou-l’autre?-Ou-j’en-prends-qu’un-parce-qu’en-fait-celui-là-il-est-troué-au-niveau-des-poches?-Mais-en-vrai-j’aime-pas-trop-les-shorts-je-vais-finalement-prendre-que-des-robes!Tu-crois-que-je-prends-laquelle?-Non-pas-celle-là-elle-me-fait-des-petits-seins-et-ne-me-dis surtout-pas-que-c’est-parce-que-j’ai-des-petits-seins!!!! Et vous répétez la même litanie pour toutes les catégories de vêtements, du tricot de peau à la culotte à pois qui se décline en 50 nuances d’ennui. J’exagère bien sûr… plus personne ne porte de tricot de peau de nos jours ! Le sac, la torture par excellence quand on s’élance pour plusieurs mois : il nous force à faire des choix stratégiques dans une garde-robe toujours trop chargée sans froisser ces pauvres vêtements laissés sur le carreau, au fond d’un vieux placard, victimes de leur extravagance, tandis que le pantalon déperlant se fait la malle sous les cocotiers. Il faut trouver un équilibre entre des affaires pas trop chaudes « mais un peu quand même » pour les soirées de brise légère, des chaussures pratiques et sportives mais qui ne se font pas refouler à l’entrée d’endroits huppés et des T-shirts qui peuvent supporter trois jours d’activité sans porter non plus le slogan « à Donf la Morf » derrière. Tout ceci pour qu’au final, on n’atterrisse jamais dans ces endroits huppés (hors budget) et que la moitié des affaires se retrouvent abandonnées en route dans une auberge, (pour les plus chanceuses d’entre elles) et, pour les moins bien loties, remplacées par d’autres opportunistes dégotées à la va-vite dans une charité du coin, au moindre changement de saison.

Aujourd’hui, forts de notre expérience et de nos nombreux voyages effectués, le sac… reste toujours le même bordel sempiternel. Mais, on le prépare deux jours avant, ou la veille ! Ainsi, on peste au Pérou en retournant notre backpack contre les perfides voleurs qui ont dérobé notre sac de couchage tout neuf, pour se rendre compte au retour, qu’il n’avait jamais quitté l’armoire où on l’avait rangé à son achat… On n’achète plus les Lovely Pallettes qui finissent toujours en papier toilette, on ne regarde SURTOUT plus le site du Ministère qui suggère en substance de rester chez soi bien cloîtrés parce que dehors, ça fait peur ! Et on n’a plus qu’à prier sa Sainteté de la Santé s’il nous arrive malheur car à part le sympathique Duo Imossel, notre trousse à pharmacie fait triste figure…

J’imagine que notre déménagement n’échappera pas à la règle, même si on essaiera de ne pas laisser traîner derrière soi de chaussettes trouées, gardées en cas, pour faire des marionnettes ou le ménage…

Pour terminer ce carnet et renouer avec mes premières amours et l’essence de ce blog, je vous glisse une citation de Jack Kerouac, parce que ça fait intelligente 🙂 !

« ​Une fois de plus, nos valises cabossées s’empilaient sur le trottoir; on avait du chemin devant nous. Mais qu’importe: la route, c’est la vie.​ » ​(​On the road, Jack Kerouac, 1957)

Enfin, je vous dirais ça dimanche prochain après 12 heures de route coincés à 105 kms/h !

Mince, où est passé le chat ?

Beau dimanche, Sabrina.

@Crédit Photo Sabrina P.

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10 commentaires

  1. Après deux mois de confinement, ça fait un bien fou de s’imaginer repartir sur les routes … J’en rêve moi de refaire mon sac, valise, n’importe quoi pourvu que je puisse bouger et voir du pays. Tu nous replonges dans des souvenirs de voyage et on va certainement devoir se contenter de cela, c’est à dire des lectures de road trips, les mois à venir…Bon retour à toi (en ville ?)

    Aimé par 1 personne

    1. Merci Ève de ton message ! Je partage totalement ton sentiment, aujourd’hui nous sommes partis dans la montagne faire une randonnée, je revis ! On essaie de profiter avant de rentrer dans un tout petit village du Pays Basque ! Et après, on verra 🙂 ! J’espère pouvoir trouver le temps de réécrire à nouveau des textes plus littéraires… mais contente que ça fasse voyager un peu 🙂 Au plaisir de te lire, Sabrina.

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    1. Merci Marinade ! Oui, en effet, je ressors mes anciennes archives, ça rappelle de bons souvenirs, on en a besoin 😉 ! (et puis en ce moment, je n’ai pas le temps d’écrire de nouvelles) Au plaisir !! Sabrina

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  2. Bonjour Sabrina,

    Merci pour ce carnet de voyage dans les préparatifs d’un départ. C’est toujours un plaisir de te lire, tu as le juste goût de la formule et de la rîme ! De plus, écrire sur le voyage, c’est toujours un sujet captivant, et encore plus en cette période de cloisonnement géographique ! Comme tu fais l’intelligente, j’aimerais te rejoidnre sur ta lancée en évoquant Nadaud : « Rester, c’est exister, voyager, c’est vivre ». 😀

    Je te souhaite une bonne fin de journée,

    À bientôt,

    Rodolphe

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    1. Ahaha, merci Rodolphe pour ta venue et ton message (et ta citation) ! Merci pour le compliment, en ce moment, je n’ai pas le temps d’écrire autre chose que retravailler d’anciens textes de blog, mais ravie si cela t’a transporté, et fait sourire ! Je ne peux que te rejoindre avec cette citation de Nadaud 🙂 ! Belle soirée à toi, au plaisir de découvrir tes futurs textes ! Sabrina

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  3. Coucou Sabrina,

    Que de nostalgie dans ce récit pourtant haut en couleur… Et sans vouloir t’amadouer, tu es aussi douée qu’Amadeus : 50 degré d’ennui, rides du goutard, chaire d’ampoule, froisser les vêtements et j’en passe, c’est la fête !!!

    Ce texte m’a permis de m’évader mais surtout de me barrer en vacances, alors ouvrez les frontières et laissez les belges venir profiter de vos montagnes !

    A plus tard,

    Ben

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    1. Coucou Ben ! Ahah, oui, je me suis amusée un peu dans ce texte écrit il y a déjà… 3 ans ! Lord ! Je l’ai remanié un peu mais pas trop (pas le temps), et ça me fait rire de voir aussi quelles « métaphores » j’osais utiliser à l’époque.. Les rides du Goutard sont apparues dimanche 🙂 ! Grave ouvrons les frontières aux Belges, qu’ils viennent nous faire marrer ! Ravie si ce texte un peu différent t’a permis de t »échapper un peu ! Promis, je me remets à l’écriture sérieuse bientôt ! Sabrinaaa

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