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Le cimetière des animaux

Bonjour à tous, le Nanowrimo est bien entamé, tout est expliqué par ici à peu près sur Apprentie en Herbe 5 je fais fi à la règle d’écrire sans réviser puisque j’ai quelques obligations (que je me suis seule obligée à faire) en termes d’écriture car le Zodiac continue, avec de nouvelles thématiques pour novembre, inspirées et inspirantes ! Ni une ni deux, je vous propose donc les 4 thèmes du mois : Utopie / Le cimetière / Mon pays / Perdu, et je vous laisse imaginer celui que j’ai décidé d’explorer ce mois-ci ! Ca me fait 758 mots de plus pour le NANO, et plus qu’un mois, un texte pour boucler le défi du Zodiac ! Fiouuu ! Ca a dépoté depuis cet été ! Ne vous inquiétez, après, je me consacre au Nano, donc, je reste dans une grotte, sans téléphone, sans amis, sans chat, sans rien (ou presque) à vous mettre sous les yeux ! Belle journée à vous et belle lecture !

7h. Gaël s’était levé, surexcité à l’idée de découvrir ses cadeaux. C’était son anniversaire. La porte de la chambre de ses parents était fermée. Il avait préparé lui-même son bol avec ses céréales préférées, sa mère les laissait dans un placard à sa portée, prêt à les attendre devant un dessin animé. Il avait le droit, c’était un jour spécial, comme Noël et quelques dimanches dans l’année où il avait même droit à 3 disney à la suite parce que ses parents avaient mal aux cheveux qu’ils disaient. Lui avait jamais compris comment on pouvait avoir mal aux cheveux parce qu’on sentait pas les cheveux sur sa tête, sauf si on les tirait trop fort. Son père lui avait répondu qu’il comprendrait quand il serait plus grand. Peut-être que ce serait aujourd’hui, parce qu’il avait 7 ans maintenant. 

Alors qu’il avait mis pour la 53ème fois le Roi Lion, et qu’il assistait avec joie à la 53ème naissance de Simba, il entendit des voix provenir du garage. Ah ! Et s’il allait enfin avoir ce vélo dont tout le monde parlait à la récré ! Il espérait que ses parents l’avaient pris en vert et non pas en bleu. Il ouvrit la porte à la volée. Ses parents se figèrent, son père tenta de dissimuler sous une serviette une chose compacte qui n’avait pas du tout la forme d’un tricycle, ou alors, faudrait qu’il le monte comme des légos géants. Il se précipita dessus et, avec une rapidité qui surprit son père, souleva le bout de tissu. Trop tard. 

Il vit Patate, son chat au pelage gris, posé sur le sol. Il ne comprit pas tout de suite pourquoi son chat ne ronronnait pas, lui qui s’activait comme un moteur dès que ses yeux croisaient les siens. Son corps était tout froid, alors que c’était un peu la bouillotte de Gaël quand il se mettait sur le canapé. Sa mère le prit dans ses bras et lui murmura que Patate s’était endormi à jamais et qu’ils allaient tous les trois lui construire une jolie carriole dans une boîte pour qu’il aille dans les cieux. Il fallut expliquer au petit garçon que là où Patate allait, il n’aurait pas besoin de roues, mais qu’il pouvait glisser dans le carton les objets qu’il voulait. Gaël disposa alors fièrement une photo où les deux s’étaient planqués dans une panière à linge, quelques croquettes, celles du soir, s’il avait un creux, et sa souris en plastique qui n’avait plus de tête, pour qu’il ne s’ennuie pas. 

Il pleura beaucoup quand son père commença à creuser le trou dans le cimetière aux animaux, au fond du jardin, où reposaient déjà 3 poissons qui n’avaient pas survécu malgré la diligence de Gaël qui leur avait donné des restes de poulet un soir qu’il avait plus faim. Pourtant, c’était pas après minuit, il avait bien vérifié. Il prenait garde. Un gremlins était vite arrivé. 

La journée passa tristement, il eut droit de rester à la maison, sa mère lui fit même ses cookies préférés, les gros avec du chocolat blanc qui colle entre les dents. Il ne demanda pas après ses cadeaux, et ses parents pensèrent qu’il valait mieux attendre le lendemain, que ça passerait. 

Au moment de se coucher, Gaël se mit à la fenêtre et envoya des baisers volants vers le cimetière des animaux, pour souhaiter la bonne nuit à Patate, c’était leur rituel de tous les soirs, et il n’était pas près de l’abandonner de sitôt ! Mais ce qu’il n’était pas prêt à voir non plus, c’est une forme informe, nonchalante, qui remontait tranquillement le jardin, le pelage gris illuminé par une lune claire ! Patate ! Aucun doute possible ! C’était bien sa grosse tête qui se frottait à la vitre maintenant ! La chambrée se ralluma et on entendit dans tout le village des exclamations de joie et de surprise qui réveillèrent les grands dormeurs et la vieille église. 

Les parents, confus, ne surent jamais quel autre chat était parti dans une carriole faite de papier crépon et, trop heureux de cette résurrection surréaliste, rachetèrent une souris en plastique avec une tête bien vissée sur le dessus. Mais quand des mois plus tard, la grand-mère vint à disparaître, le petit garçon créa la surprise générale et ne versa aucune larme. 

Non, Gaël n’était pas triste car il savait qu’à la nuit tombée, mémé reviendrait elle aussi du cimetière. Des humains bien, sûr, pas des animaux. Il était pas si bête. Il avait 7 ans quand même !

Comme toujours, pour lire et plonger dans les différentes facettes de mon univers, c’est là!

10 Comments

  1. Rodolphe

    Coucou Sabrina,

    Ton texte est très poétique et touchant. À tous ceux qui sont déjà partis et continue de vivre dans nos cœur. Merci pour ce doux moment de lecture !

    Je te souhaite un très bon week-end et à bientôt,

    Rodolphe

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  2. Ah la merveilleuse pensée magique des enfants que tu as si bien racontée! Après l’âge de 7 ans, ça tend à disparaitre. On garde des traces à l’âge adulte… J’ai tendance à croire qu’il le faut qu’on écrit…Une belle journée enchantée à toi Sabrina.

    Aimé par 1 personne

  3. Eve Raguenaud

    oups…lire « j’ai tendance à croire qu’il le faut quand on écrit… »
    (c’est malin d’écrire si tôt le matin avant de finir la première tasse de café)

    Aimé par 1 personne

    • Eheh, j’ai bien compris ta pensée matinale, ça arrive à tout le monde, merci de ta lecture et de ton retour toujours bienveillant, je n’ai pas encore d’enfant, mais par mon travail, je le vois déjà 🙂 Belle journée à toi. Sabrina.

      J'aime

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